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Murs en fête. Et enfin ressortir dehors ? disait la nonne

Ouf cette fois je pose mes pinceaux !

Depuis trois jours j’ai attaqué la chambre

Ce matin j’ai mis le point final.

Je suis aussi allée fignoler le gegko de l’atelier

Qui attendait sagement son zieux et ses points rouges. Va savoir maintenant ce qu’il va me jouer comme tour d’autant plus que je lui ai peint l’évier en jaune et rajouté une copine

J’ai un faible pour les théières, rien à faire. Un jour faut que je m’y colle, que j’en fasse des plein de toutes sortes de toutes formes et de tout poil. Une en papier, Bigre, ça me plairait…tsss c’est pas gagné !

Donc voilà, j’arrête. Je pose mes gants, je sors du ring, je n’en peux plus. Y’a encore une escorte de cartons qui attendent leur heure.

Depuis quinze jours je ne vis qu’au dedans. Pas une balade, pas un museau dehors, je suis cloîtrée telle une nonne dans ses appartements. Je suis en couve au couvent des cartons et pinceaux, gravats et marteaux, plâtre et bouquins entassés en colimaçon, dos tendu, articulations en détresse. Je dis Basta.

Je vais laver et remiser le matériel pour au moins…disons…des jours….

Et laisser ce beau monde faire connaissance

J’ai aussi mis un gegko sur la boîte aux lettres, tu ne pourras pas te tromper. Tout au fond à droite, et sur la boîte :  du feuillage blanc, un gegko marron, un oiseau bleu.

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J’ai vu une fée.

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Hier soir j’ai vu une fée dans le ciel. Je vous montre, vous me direz si c’est moi qui vois double et centuple encore une fois…?

Un genre d’ange -fée. Avec le soleil du soir lui caressant les ailes. Elle-Il a sa robe qui s’étale, comme une cape trainant aux pieds.

Pour la baguette magique, je crois qu’elle avait glissé de ses mains. C’est une fée-apprentie, tu sais que ce n’est pas gagné tous les jours cette histoire là.

Ensuite, petit à petit j’ai vu comment un ange s’évapore dans le ciel, un soir d ‘automne rose. En fait ils sont de mèche avec les nuages, ça je ne savais pas. Dans la vie on apprend tous les jours, surtout si on a le nez en l’air.

T’as vu ? C’est le nuage rose qui enveloppe la fée-ange, doucement. Elle perd sa tête, enfin, elle part ailleurs, bien sûr. Ensuite il reste traces de sa robe légère. Toujours légère, dans l’azur. Et là tu ne sais plus qui elle est. Quelques minutes après, il n’y a plus rien. Le bleu a tout mangé la fée. L’ange évaporé.

Bon, il faut les yeux pour voir. Peut être tu ne vois rien. Tu diras je vois un plumeau la tête en bas. Pourquoi pas ? C’est un commencement. Ne pas voir ce qui est mais ce que tu crois. C’est toujours ce problème, cette histoire, de vivre ou pas. De te laisser croquer tout cru par la réalité ou de la mijoter dans ton petit plat: ti z’oignons, bonbons roses, épices lointaines, etc.

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La vie des citrouilles, la nuit.

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Les derniers tournesols baissent les yeux. Les yeux au sol. Ils sont restés là, ils étaient des évadés, pas rangés, vagabonds ils avaient trouvé racines là où ils sont. Ils ont échappé aux machines, personne ne les dérange. Alors avec mon petit vélo on est venus leur rendre hommage et il y avait plein de bestioles dans leurs cheveux.

Les citrouilles, elles , elles sont bien rangées, en rang d’oignon. Elles attendent leur heure.

Au détour d’un bosquet, quand les grands champs s’endorment, leurs roues se dévoileront. Elle vivront leur nuit. C’est ainsi dans leur vie. Il faut en profiter avant qu’on vous sépare, vous tranche, vous pèse et vous illumine de bougies. Non, elles ont encore un peu de répit.

Quand vient l’heure étoilée, chacun a son rôle. Les belles sortent leur robe de soirée, les carosses se mettent sur le bas côté. Les ombrelles s’ouvrent sous la lune, c’est que ces dames ont le teint fragile.

Alors dans l’ombre s’éclaire le grand cortège. Il y en a de tous côtés. Voilà leur beau privilège, d’être autre chose que ce qu’elles ont été, pour un moment, un soir après l’été, leur chandail rouge sur les épaules, leur carosse vont les bercer. La balade sans bruit s’enfonce dans les détours. Une chouette ouvre ses yeux, elle en a vu d’autres et sourit, le bruit de ses ailes frotte encore la nuit jolie. Mesdames les citrouilles ont beaucoup d’amis.

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Vendredi

Vendredi, j’aime bien les vendredi et tu reviens dimanche.

Je reçois des courriers jolis, et parfois même faits avec des doigts de conteuse.

Il a plu fort depuis hier et cette pluie sentait bon. Une illumination. La terre bouche ouverte. Sur une grande piscine les gouttes remplissaient le trop, plein déjà mais encore, encore, qu’il pleuve, qu’il vente ! L’orage grondait. Encore. Cadeau divin. J’étais dans la vallée, près des montagnes de mon coeur, pas loin.

Ce matin je t’ai dessiné une petite chose. Je l’ai posée sur le frigo, je ne te dirai rien. Trouveras-tu ?

A la Médiathèque les polars que je voulais étaient sortis. J’ai réservé. Je suis repartie avec une belle fournée quand même, on dirait.

Je ne vais pas m’ennuyer je crois avec ce K.Cook et ses nouvelles du bush. AH….Le bush !

Non, trop chaud le bush !

Dimanche as tu dit ?

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Les incontrôlables surprises des petits matins

5h13 ce matin j’ouvre les volets complètement. L’orchestre des oiseaux, tu comprends…

Je lève les yeux et je vois une nuit bleu pâle, pas une nuit. Et au travers d’elle des poches de nuages mauves et gris qui courent du Sud au Nord, exactement. Comme c’est bizarre tout cela. Une nuit à peine bleue et ses nuages filant comme des flèches vers le Nord avec leur brin de mauve dans les dents.

Et dans un trou de ciel, que vois je ? Un signe brillant. A peine un C, à peine un trait recourbé fin, précis et plus je le regarde et plus les nuages me laissent le regarder plus elle s’éclaire. Blanche, argent, lumineuse. En plein Est. Comme c’est bizarre. Prête à rencontrer l’astre puissant du levant ?

Je baisse la tête et je vois mon voisin rentrer. Un homme pas ordinaire qui vit…je crois…décalé…très. Il sort de sa voiture rutilante ( et cuir intérieur briqué)…nu. Avec juste un slip. Oui cet homme vit nu, je le crois. Nu et noctambule ? Sans doute. Mais là je n’en crois pas mes yeux. Massif, costaud , la cinquantaine bien tassée, il sort à poil de sa voiture à 5h du mat pour rentrer chez lui.

Pas étonnant. Quand je le vois aux boites aux lettres, il est nu aussi, pieds nus, hirsute et tutti…avec un caleçon quand même. Mais je crois qu’un jour il l’oubliera et que nous aurons hécatombe de mémés dans l’escalier.

Oui le soleil avait rendez-vous avec la lune ce matin. Je vous le dis.

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T’as vu ma pizza à deux têtes ?

C’est l’histoire d’une pizza qui s’ennuyait. Toujours la même histoire qui commence toujours pareil, toute barbouillée de sauce tomate. Elle avait la nausée.

Elle avait envie d’élargir ses horizons, de trouver âme soeur, de voir plus grand. Elle avait le goût de faire des bêtises.

On lui a parlé d’une cuisine où ça rigolait bien alors un jour elle s’est décidée.   Zou !  Un coup de cuillère à pot et la voilà dans les mains d’une drôle de fille.

Pour la pâte, rien de spécial. On peut bien faire comme on veut. Il ne faut pas se prendre la tête.  Faire une pâte qui plaise, qui réjouisse. Tu trouveras. Moi je m’amuse à la faire gonfler avec de la levure de boulanger…

Et puis quand vient le moment de recouvrir tout cela, c’est là que cette pizza sut qu’elle avait trouvé la bonne maison car ils décidèrent de lui donner deux têtes.

– Une moitié en tomate, anchois, et autres fromages…Pour garder un peu de tradition.

– Et sur l’autre partie ils étendirent un genre de légère béchamel dans laquelle il y avait un oeuf battu et beaucoup de très bon comté rapé à foison. Ce jour là il ajoutèrent même du vert d’oignon frais.

Les deux moitiés s’entendirent fort bien. Chacune son territoire. Il n’y eu aucun combat et aucun bavure. Une tenue de reine. Une Reine de n’importe quoi, comme il se doit.

C’était même assez tendre entre elles.

Pas le temps de faire une photo de l’ensemble, tu n’en vois que des morceaux, mais je t’assure qu’elle n’était qu’une et sereine, double et colorée.

Et surtout délicieuse au sortir du four et à manger avec les doigts !

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