Murs en fête. Et enfin ressortir dehors ? disait la nonne

Ouf cette fois je pose mes pinceaux !

Depuis trois jours j’ai attaqué la chambre

Ce matin j’ai mis le point final.

Je suis aussi allée fignoler le gegko de l’atelier

Qui attendait sagement son zieux et ses points rouges. Va savoir maintenant ce qu’il va me jouer comme tour d’autant plus que je lui ai peint l’évier en jaune et rajouté une copine

J’ai un faible pour les théières, rien à faire. Un jour faut que je m’y colle, que j’en fasse des plein de toutes sortes de toutes formes et de tout poil. Une en papier, Bigre, ça me plairait…tsss c’est pas gagné !

Donc voilà, j’arrête. Je pose mes gants, je sors du ring, je n’en peux plus. Y’a encore une escorte de cartons qui attendent leur heure.

Depuis quinze jours je ne vis qu’au dedans. Pas une balade, pas un museau dehors, je suis cloîtrée telle une nonne dans ses appartements. Je suis en couve au couvent des cartons et pinceaux, gravats et marteaux, plâtre et bouquins entassés en colimaçon, dos tendu, articulations en détresse. Je dis Basta.

Je vais laver et remiser le matériel pour au moins…disons…des jours….

Et laisser ce beau monde faire connaissance

J’ai aussi mis un gegko sur la boîte aux lettres, tu ne pourras pas te tromper. Tout au fond à droite, et sur la boîte :  du feuillage blanc, un gegko marron, un oiseau bleu.

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lentement sûrement

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Lentement et surement, la vie ne t’attend pas. Elle s’en fout de toi, y’a du monde au balcon, des candidats au portillon. Elle passe et plus tu en prends plus tu es vivant et un peu plus mort aussi, gaiement.

Lentement et sûrement, il y a des choses, des moments.

Des endroits que tu as attendu depuis très longtemps, en te demandant même…

Une pièce à moi, pour y faire quoi. Y lâcher tout, y retrouver les évasions d’adolescence, mettre le feu, foutre le bordel, déborder, faire des merdes sur tous supports, prendre un thé, tout bêtement. J’y veux un petit endroit pour la poser cette théière qui elle aussi sera là. Celle que je n’ai pas.

La vie passe et n’attend pas. Lentement et sûre, elle se rapproche de toi. Emporter, dégager, reprendre ses droits, posséder son plaisir, affronter ce qui va. Avec cette vie qui va.

Cet aprem, pour tout te dire, pour que tu saches quand même, suis passée voir l’amie enfermée maintenant en maison de vieux. Je lui parle sur le banc, je mange mon sandwich, je la distrais. Nous rions, nous sourions, elle dit qu’il faut prendre, traverser, qu’elle n’a plus sa tête, elle a des trous inside. « Elle était trop pleine », je lui dis, je ris, c’est pas grave je lui dis. Je cueille du tilleul, je lui donne , elle le tient comme un bouquet, elle mange le chocolat que j’ai amené et le gâteau au coco que j’ai fait. Un gentil chien vient, on lui parle et le caresse « Couché » dit-elle et le chien se couche.

Je regarde les arbres, je passe dans la salle où la misère s’étale, je me dis non, non, c’est la vie, Laure, souviens-toi, c’est la vie comme ça aussi.

Je rentre chez moi. Je suis heureuse. C’est cette putain de vie qui n’attendra pas, non, je te le dis, elle ne me file pas entre les doigts.

Chaud cha !

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Chocolat ?

Chatchoco ?

Chocha ?

Chaud choco

Zazou show ?

Ché où c’est chez toi .

Je fais ce que je veux avec mes pinchauds !

Che nez qu’un début, mon chat n’aime pas car je le délaisse pendant ce temps là, tirant la langue sur le chaud cola chaud qui s’étire sur le mur pendant que je ne chai pas où je vais , moi.

A suivre….

?

Et déjà une suite, le lendemain, ..chez la tortue légère !

Pluie de campagne

Il pleut fort, je ne vois plus la montagne, elle a mis son châle en alpaga des Indes, blanc crémeux presque gris mousseux et l’orage est à son bras, grondant de plaisir, l’ogre.

Voilà un bonheur de par ici que la ville et la plaine m’avaient boudé. Retrouver la pluie drue qui tombe de là-haut et change tout le paysage ! Voir le vert redevenir vert tant et plus.

Les chats ont eux découvert qu’il pleut dans la vie. Dans leur nouvelle vie. Moi qui les veille au grain dès que j’ouvre la porte, j’ai ouvert et souri et eux moins. Oui, il y a la terrasse en bois juste à côté mais il faut faire un saut de grenouille qui mouille pour la rejoindre. Ils étaient décontenancés. Oui les gars, la vie ça plouille. Le goût de la liberté n’est pas toujours de ciel rose, desfois ça orage, ça crapouille, ça tonne sur la tête, le pif en goguette on s’en ramasse le plein de cacahouètes. Oui les chats, la vie ça pleut aussi. C’est joli aussi. Si.

Sept heures. Et le clocher de l’église, à la juste distance, enfoui au loin, sonne. Me plait. Comme un ami qui rappelle, se rappelle de moi.

Je reviens ce matin pour ajouter une photo….30 mns après celle au dessus…

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Ce premier matin après tout

N’avoir qu’une seule chose en tête et user de ses muscles et d’un grain de cerveau pour y arriver.

Charger, décharger, ouvrir, fermer.

Après le papier, les cartons, dessus, dessous, et scrachhhhh, le scotchhhh.

Je ne sais pas trop où je suis moi mais les nouvelles sont bonnes. La maison se livre à nous et sourit. On est très très contents.

On a laissé derrière.

Mettre à nu mon bureau je pensais que j’attendrais le dernier jour et finalement un beau matin ça m’a pris, j’ai décidé de me passer de l’essentiel toute une semaine, enfin, un sacré bout de temps, on mettrait tout en morceaux et on ne se soucierait plus de où c’est, ce serait.

Emmener toutes les plantes du balcon, ne fut pas la mince affaire, un genre de punition lourde, qui laisse trace dans le dos. Il fallait le faire, on a fait un voyage avec le camion rien que pour elles les biquettes. Maintenant elles sont au soleil du jardin. Je suis en retard, certaines attendent de tâter la terre ferme et hurlent « Libération !! Une autre vie est possible !! Sortez nous de ces maudits pots !! »

Mais moi je ne suis pas encore moi. La preuve : je n’ai même pas regardé la boite aux lettres. Je ne vois que des cartons avec pour mission les éliminer sans pitié les uns après les autres dans des Hourra ! Libérez…moi.

Le plus corsé fut les matous. Un par un, un vrai calvaire pour eux la voiture, mais je dois dire que depuis qu’ils sont arrivés, ils sont adorables. On les garde dedans. Ils stagnent sur les balcons reluquant le jardin. Heureusement aucun chat voisin n’est passé les narguer. Y’en a une qu’on a nommé Zoreilles because ellle a des oreilles velues avec des poils qui en sortent comme des antennes, très belle la fille. Va y’avoir des rencontres du troisième type dans le jardin bientôt.

Ce matin ils nous ont réveillé à 4h, comme d’hab. Ils sont mignons. C’est moi qui suis descendue et genre zombinette. Savais pas quoi faire. Trop faim, trop naze, trop comme ça.

Un thé ? C’est toujours quelque chose à prendre…

Ensuite j’ai assisté au lever du jour. Le premier lever du jour chez moi, dans cette maison. Et tu penses bien, je n’ai pas pu me rendormir…Je ne m’attendais pas à une telle vue, à un tel spectacle. En plus nous avons bien dormi dans une chambre douce et dans la nuit j’ai bien vu qu’elles étaient là à m’observer.

Les étoiles.

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Avec les mains

Koi que nié çà ??!

Ca niêtre un piti panier en journal fait de mes mains, m’sieurs dames !

Chui fière, et je voudrais bien que tu fasses avec moi alors je te montre.

C’est E., bénévole dans mon groupe du matin qui est venue nous faire une séance tressage de papiers. E. je l’aime bien, on a appris à se connaitre. Elle est de ces instit qui ont quitté le navire dans un sale état et essayent de se refaire une autre vie. Elle fait des paniers, en osier, et elle m’aide le lundi avec ces dames analphabètes et elle a le feeling, c’est chouette.

Avec ce groupe, vous le savez, je fais des dessins, des trucs qu’on met au mur, des jours écrits énormes, des mois aussi et on en fait des mobiles de couleurs, du papier peint, on en fait du plaisir, de la nourriture ensemble. L’atelier du calendrier ça s’appelait : je viens de mettre un billet là dessus : ici.

Tout ce qui les sort de leur coquille m’intéresse, tout ce qui fait appel à la motricité fine aussi, entre autre.

E. a donc proposé de nous faire faire des petits paniers tressés de bandes de papier journal. J’ai trouvé cela génial.

On a démarré ce lundi, on finit lundi prochain.

Ce n’est pas très facile, je suis donc contente car tout le monde a réussi à faire un premier essai, moi itou.

Au début ça va, tu croises trois bandes verticales sur trois bandes horizontales : dessous/dessus/dessous/dessus…comme un set de table, à plat, bien serré, c’est le fond de ta boite.

Ensuite va falloir monter le bidule et insérer les bandes du côté. Elles sont un peu plus larges et mon avis est de démarrer avec 2….3 étant un maxi, pour débuter…

Là c’est pas facile, faut des pinces à linge pour bloquer le schmilblic qui se barre en couillonades de tous côtés. Tu respires bien et tu fais l’abeille avec tes petits doigts. Y’a un moment où tu te dis que tu vas pas y arriver, débandade, ça flasquouille, t’en as plein les mains, tu sais plus où sont tes petits. Faut savoir dire stop et replier les bandes  en haut à un moment donné, pour sauver les meubles. Flac ! …avec des pinces tu bloques les évasions, tu coinces les récalcitrants à rentrer dans le rang. Ca loupe, tu recommences, tu tiens bon, tu y crois.

Dessus/dessous/dessus/dessous, evidement c’est ton mantra, tu ne déroges pas sinon c’est la pagaille et comme tu en as marre d’en baver pour ce qui ressemble à une mini serpillière en papier….tu te dis que c’est invivable ce truc.

C’est là qu’il faut l’animateur. Le pro qui vient t’encourager. Bon alors si t’as pas…euh…patience je viendre, après ma deuxième séance je serai au top.

Bon, non sans blagues, c’était juste pour vous donner envie. Moi maintenant j’ai envie de tenter avec divers papiers, des plus épais ou non. Je me rends compte aussi qu’avec les articles de journaux cela crée une mozaïque de mots pris au hasard, tressés dans l’objet. Tiens, tiens…

La forme bien sûr peut varier, large, petit, long, carré, rectangle…C’est assez solide je trouve, et cela se tient bien. En vrai c’est joli, je t’assure. Mes tites dames ont même commencé à « habiller » leur boite avec du papier épais, uni, de couleur : dessus, dessous, dessus..elle entourent et décorent avec des bandes de couleur.

A suivre…

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