Archives pour la catégorie gourmande de vie

Le geste est tout pour moi

Comment prend-on confiance en soi ? Comment perd-on la peur, comment ose-t-on donner sans craindre de décevoir ? On appelle ça l’assurance ou le courage. C’est l’amour qui fait cela. Petite sans doute ai-je été presque adulée. J’étais la dernière dans le panier. Après moi plus aucun enfant ne viendrait réchauffer la maison désertée. Puisqu’on savait que les enfants s’en vont et parfois avec fracas ( on allait le vivre durement avec les deux aînés) on me cajolait comme la dernière petite boule de Noël sur un sapin. On a cru en moi, de manière immodérée. Cela me vaut une tonne de défaut et une fragilité à toute épreuve, dûe au sac de noeuds de celui qui doit être aimé et séduire pour faire, pour apprendre, pour créer. Certes je m’aime immodérément. Premier défaut. Dont je ne peux plus me passer. Je n’ai que moi pour me vivre, je dois donc m’apporter un minimum de soutien personnel. Je sais aussi porter et soutenir en retour, je sais porter espoir pour deux, trois, et plus.

J’aime la subjectivité, je ne sais rien faire parfaitement, je n’aime que le jeté sur le lit où tous on s’assoit en hurlant des bêtises genre  » Belle est la vie, Vive nous ! ». Car à part cela, la vie me paraît bien trop cruelle pour être belle.

Je n’ai pas besoin de faire bien les choses pour en être satisfaite, j’ai juste besoin que dans l’instant un plaisir naisse en moi, sans scrupules, très naïvement, avec cette certitude enfantine de faire naître une joie chez l’autre. Croyante que je suis qu’un geste suffit pour rendre heureux, comme un geste de toi suffit à me rendre heureuse. Je revendique le droit à la spontanéité même si elle ose ses défauts et peut déranger. Je dois parfois expliquer cela, c’est étrange, il m’arrive, oui, de devoir être très explicite et dire et redire et convaincre que c’est le geste qui compte et que ce que tu dis être un « petit rien » pour toi est immense pour moi. Crois-moi.

.

Les petites graines

Parfois tu veux semer, planter, graine faire germer et rien ne vient. Le jardin fait à sa tête, au fond, et cela me plaît et quand je vois des plantes prendre racine là où je n’y pensais pas, c’est la joie.

Surtout quand ce jardin est inconnu, il a tout à m’apprendre. Entre ses dalles alors je vois les tournesols monter. Je n’ai rien vu. C’est vrai que j’ai beaucoup nettoyé le balcon en dessus, à grandes eaux. La nature aime l’eau je crois.

Et du jour au lendemain les fleurs battaient campagne.

Elles sont un petit bataillon à avoir trouvé leur coin. Bien alignées entre les fentes des pierres. Et comme ma maison vit au dessus d’une fourmilière, tout le monde s’éclate.

Dans ce jardin, te souviens tu des photos d’avril et de ces grandes tiges de fleurs violettes qui semblaient sauvages ? Je ne savais pas que c’était la monnaie du pape. La monnaie du pape cela fait quatre ans et même plus que je tente d’en semer. Rien.

Et voilà qu’elle est reine chez moi. Et je ne savais pas qu’elle était aussi la reine des mobiles suspendus, je me régale de ses évolutions, je n’ai pas résisté à en couper quelques tiges et à décorer la terrasse en bois.

.

.

.

Je ne sais pas comment cette plante est arrivée dans le jardin, il y en a de tous les côtés. Cela me fait sourire, bien sûr, pauvre biquette toi qui croyait en planter, tu n’as plus besoin.

Est-ce qu’elle est venue toute seule ? Tiens, Colibri m’a écrit que le chat devait s’en méfier, faut que j’aille voir ses propriétés , autre que décoratives…Est-ce que le vent l’a amenée en profusion ? Léopold en avait-il déjà ? Je ne suis pas sûre. Oui, je suis dans la maison de Léopold et Henriette lesquels, comme c’est étrange, on des caractéristiques de vie proches des nôtres…

J’ai pensé à lui en éclaircissant les cinq pierres qui mènent à la cabane de jardin en traversant l’herbe. Elles, je suis sûre que c’est lui qui les a posées. Je voulais retrouver leur forme complète et repousser terre et herbes qui les avaient envahies depuis..depuis ?..Je crois que Léopold est mort ici il y a quinze ans. La maison a bien changé, vraiment, il serait étonné. La maison, la vue, les constructions environnantes. Seuls les monts et montagnes sont absolument intacts.

Voilà, on s’installe.

Mon atelier a fière allure, j’ai fait le tri des tonnes de papiers et courriers et constaté que les courriers de l’année écoulée sont essentiellement BEAUX et viennent de VOUS. Ca m’a fait drôle, comme un univers secret qui se délie et se lie. Des frissons. Des audaces, des imprévus, des dons. Des petites graines qui font leur vie.

Miam. Bientôt je vais re-croquer dans le papier de couleur, la colle et les crayons pour poster des trucs et des machins ?J’aimerais bien.

Ce matin j’ai pensé que la maison commence à être nôtre, a prendre nos empreintes, nos odeurs, nos sentiments.

.

.

.

Ils m’épatent.

Le temps passe.

Et tu sais ce qui continue de m’étonner le plus ? Les chant des oiseaux. Merles, pinsons et consors.

C’est eux qui me donnent la patate, me mettent le baume au coeur. Il a fait chaud comme en été mais ils ont tenu bon. C’était le printemps pour eux, on n’allait pas le leur voler si facilement.

Je t’écris et il chante. Le merle du quartier. Inlassable. Inlassablement amoureux et prêt. A je ne sais quoi mais inlassable.

.

Tests gourmands

Est ce que tu connais le livre de Ninie, Fannie Denault,  sur les tartes ?

.

Enfin, sur les fonds de tartes, précisément.

Nous sommes très tartes chez moi. On aime malaxer, patouiller, prendre le temps d’une sucrée ou d’une salée, d’une brisée ou sablée…Et les autres ?

Les pâtes sans farines ? Emprunté déjà plusieurs fois ce livre mais jamais testé. Cette fois j’ai bien envie.

J’ai commencé par du facile et du « que j’ai tout le temps à la maison » : lait de coco et semoule et cacao.

.

.

J’ai donc fait ce fond de tarte. De la semoule cuite au lait de coco, avec du cacao et du sucre.

Dessus moi j’ai mis un genre de flan coco : oeufs battus avec sucre et lait de coco. Que j’ai parsemé de morceaux de chocolat noir.

Résultat ? J’aime bien. Une chose à savoir : que le fond de tarte ne dépasse pas trop, ne cuise pas trop…Car alors c’est crispy, j’avais fait trop cuire et ça crissait sous la dent sur les bords non recouverts  de la garniture. Mais en 24h, tout se ramollit, no problemo.

Ce livre est bourré d’idées. Il faut tester. Et moi j’aime les céréales.

Autre test du dimanche ? Pour un moelleux au chocolat, remplacer le beurre par de la crème de soja et du chocolat blanc. Ouh là là , j’ai réussi mon coup cette fois, en beauté !!

3 oeufs, séparer blancs ( en neige) et jaunes  (monter au batteur avec 4 cuil. a soupe de sucre, jusqu’à blanchissement)

Dans une casserole faire fondre 100 gr de chocolat noir avec un verre de café, 3 grosses barres de chocolat blanc et la même quantité de chocolat « pralinoise ». Y ajouter 10 cl de creme de soja.

Mélanger tout cela. Pour ma part j’ajoute la farine en dernier, une fois que les blancs d’oeufs sont incorporés. J’en mets peu, 3 à cuillères à soupe et tamisée, une cuillère à la fois.

Il m’a fallu cinquante ans pour accepter l’idée de tamiser de la farine et acheter une jolie passoire à cet effet et je dois dire que….je trouve le résultat plus moelleux, plus aéré.

.

.

Sur le balcon tout le monde était ravi. Mangé tiède : une régalade !!

.

Bien, plus loin que les mains

.

Transports. Transports de pensées, gaieté simple. Envois. Envoie. Et vois.

A défaut de parcourir le monde, laisser voguer.

Une blogueuse a rejoint le club des cinglés du courrier. De celles et ceux qui n’ont pas peur de timbrer, même pour rien, pour personne, pour l’inconnu complet.

Soyons des inconnus. Tout à fait.

Une petite fille qui m’avait servi des brochettes de feuilles et de violettes au bord de la rivière, m’a posté prose et dessins.

Dimanche. Je lui fait une maison.

Le temps n’est ni gris ni bleu, les deux. Encore froid.

Elle ne va pas à l’école, elle vit sa vie cette petite fille. Elle fait son jardin, elle suit son cours de vie avec ses parents qui veulent un monde différent.

Et le font.

Dimanche. Les enveloppes sont prêtes, entassées.

Les mains ont butiné. Avant les couleurs j’ai dessiné le pain. Encore à cause de ces blogueuses qui font. Je me suis dit, retentons. Il faut toujours tenter mille fois face à la tentation.

J’ai tourné les bras et les mains, faisant une danse avec la pâte, m’imaginant au coeur d’un batteur, d’une machine brassant, pétrissant. Je n’ai jamais vu faire, j’imagine. Il faut imaginer et se croire capable.

Cela ne marche pas toujours mais bon…J’ai fait une tente berbère dans la salle de bains, entre radiateur, pain, serviette au dessus. Un pain couvé en quelque sorte. Ensuite j’ai tout gâché, ça c’est moi, en badigeonnant dessus de l’huile et de l’eau froide juste avant le four, sur un pain tout chaud, tendrement gonflé.

Moi et la chimie c’est pas ça… Il a plissé. Puis il a retendu ses rides au four.

Bref…Il a fait des efforts pour me faire plaisir.

 

Le résultat est une miche gentillette, tendre et assez aérée. Elle ne goûte pas la levure mal montée, ni le raplapla-des-degâts (je rappelle que mon four n’a pas de thermostat, un feu de dieu).

C’est l’autre jour, chez la maman chérie de la petite fille, que j’ai mangé son pain si bon. Sa première réussite totale, vraiment.  Cela donne envie.

Son levain-maison se nomme Martin. « maman a donné un nom à son levain, elle est folle celle là » à dit l’enfant, ravie.

Ils ont déménagé et maintenant le levain se plait. L’autre maison était trop froide et humide. La nouvelle sent le feu de bois, Martin aime ça.

Et moi, et moi….

.

Je suis décidée, quand j’aurais une maison, quand je serais….quand…j’aurais un levain, Tintin.

.

Fin de vacances

Il pleut, la nature est ravie, les oiseaux aussi. Mes vacances sont finies, elles ont eu plein de soleil en deuxième partie. Comme c’était bon !!

Mais un début sous le gris. Et une amie à déménager. Perte d’autonomie. Trouvons des jolis mots pour dire que cette amie a décidé de partir vers des sentiers dérobés, là où la mémoire se cache, là où tout est obscur et encombré. Là où vaut mieux le silence. Là où les phrases ne se finissent plus et les mots jouent à cache-cache.

J’espère que je pourrai encore l’emmener dans la nature qu’elle aime tant. Pour le moment c’est le repos, entourée de cartons, chez sa fille, en attendant un lieu de vie collectif…Alors heureusement le soleil est arrivé début mars. Franc, plein.

Pendant la semaine de soleil, j’ai visité une jolie maison, inaccessible à mon porte-monnaie. Je ne sais pas si cela valait la peine de se faire du mal ! Mais bon…c’était une expérience…

C’est incroyable le nombre de gens sympas que tu rencontres en visitant des maisons, leurs maisons. Je suis épatée. C’est toujours ça de pris, même quand tu restes bredouille. J’adore entrer chez les gens. J’aurais fait un bon agent immobilier. Euh, non, beurk…

Pendant mes vacances sous le gris ou le beau, j’ai énormément cuisiné. Une petite frénésie. Rien de spécial mais plein de bonnes choses, salées et puis de la brioche maintenant que je sais faire.Et grâce à Croukougnouche, j’ai réussi des blinis. C’est vraiment facile et miam ! J’y avais mis de la ciboulette émincée.

Pour continuer dans mon élan,  hier j’ai emprunté des magazines, ceux qui me délassent et donnent l’eau à la bouche. Bon sang qu’est ce que les photos sont belles !

( euh pas celle là, hein ?, elle est de moi !)

Ayant un mangeur d’oranges à la maison, j’ai tenté ces petits gateaux. Moelleux, goûtus. Je referai en remplacant le beurre par autre chose. C’est mon truc de remplacer le beurre ou de le diminuer systématiquement…Non, je ne te fais pas de dessin, non ce n’est pas à cause d’une allergie, non c’est délicieux le beurre, oui, oui.

Oui, comme elles sont belles leurs photos. Là c’est sur « Saveurs »…C’est fou le pouvoir attractif qu’elles ont sur nos neurones, nos papilles. De l’oeil à l’envie, du regard à l’irrésistible désir.

Alors tiens! Zou… une pâte à spéculos dans le frigo, en petit boudin.

J’aime énormément les biscuits secs de type scandinaves. J’ai une recette d’un ami danois, mais je n’arrive pas encore au résultat fameux. Parfois même je mets TROP d’épices !! Bon, nous verrons pour cette fois.

Le truc bien au boulot c’est que mon mangeur d’oranges et moi nous avons des tas de cobayes consentants…Prêts à tester nos essais  culinaires ou nos valeurs sûres, genre cake anglais ou fondant chocolat. Ah, ha…! Ben quoi, on ne fait pas que travailler au travail ! Hum ?