Archives pour la catégorie croquis de chats

Le geste est tout pour moi

Comment prend-on confiance en soi ? Comment perd-on la peur, comment ose-t-on donner sans craindre de décevoir ? On appelle ça l’assurance ou le courage. C’est l’amour qui fait cela. Petite sans doute ai-je été presque adulée. J’étais la dernière dans le panier. Après moi plus aucun enfant ne viendrait réchauffer la maison désertée. Puisqu’on savait que les enfants s’en vont et parfois avec fracas ( on allait le vivre durement avec les deux aînés) on me cajolait comme la dernière petite boule de Noël sur un sapin. On a cru en moi, de manière immodérée. Cela me vaut une tonne de défaut et une fragilité à toute épreuve, dûe au sac de noeuds de celui qui doit être aimé et séduire pour faire, pour apprendre, pour créer. Certes je m’aime immodérément. Premier défaut. Dont je ne peux plus me passer. Je n’ai que moi pour me vivre, je dois donc m’apporter un minimum de soutien personnel. Je sais aussi porter et soutenir en retour, je sais porter espoir pour deux, trois, et plus.

J’aime la subjectivité, je ne sais rien faire parfaitement, je n’aime que le jeté sur le lit où tous on s’assoit en hurlant des bêtises genre  » Belle est la vie, Vive nous ! ». Car à part cela, la vie me paraît bien trop cruelle pour être belle.

Je n’ai pas besoin de faire bien les choses pour en être satisfaite, j’ai juste besoin que dans l’instant un plaisir naisse en moi, sans scrupules, très naïvement, avec cette certitude enfantine de faire naître une joie chez l’autre. Croyante que je suis qu’un geste suffit pour rendre heureux, comme un geste de toi suffit à me rendre heureuse. Je revendique le droit à la spontanéité même si elle ose ses défauts et peut déranger. Je dois parfois expliquer cela, c’est étrange, il m’arrive, oui, de devoir être très explicite et dire et redire et convaincre que c’est le geste qui compte et que ce que tu dis être un « petit rien » pour toi est immense pour moi. Crois-moi.

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Tu ne sais pas ?

Tu ne connais pas les valises de Mo ? C’est.

Tu ne sais pas si Ted et Lôlà ont trouvé la rivière du Monde des Quatre ? Tu peux le savoir ici.

Tu voudrais revoir des croquis de chat et de théière et d’autres choses desfois ? Tiens, viens.

Tu penses que la vie on en a qu’une ? Je ne crois pas. Ce matin à quatre heures j’ai vu la lune avec juste ce qu’il fallait de nuages pour que mon appareil la capte jolie. Mais il faisait froid et le fond du lit était chaud. A six heures j’étais prête mais, elle, bien sûr n’en fait qu’à sa tête. Avec les nuages, plume d’escampette elle avait pris. Prête à franchir des océans, des continents, à passer sous l’équateur, à traverser des fuseaux plein d’heures.

Plantée là moi, avec mes doigts vides à penser que la lune vit mille vies et moi plutôt deux fois qu’une je te dis : nous en avons des tonnes, des bidons, des flacons, des pleins à remplir, des vides à jeter, des colorées et des grises. Nous en avons. Tu le sais ?

 

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Prunes, croque, encre, et rêve.

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Je l’attends. Alors j’ai fait une tarte aux prunes, des prunes de jardin qu’on nous a donné, c’est gentil ça. Vous qui avez des jardins, savez-vous le plaisir que vous faites à ceux qui n’en n’ont plus ?

J’ai mis trop de sucre dessus. Ces petites prunes n’en réclamaient point. Je ne le savais pas, je n’ai pas su traduire leurs conseils quand je les ai mises toutes nues sur la pâte. Je croyais qu’un peu de sucre les réchaufferait.

Tout cela ne m’a pas empêché de croquer dans la tarte chaude. Ne comptes pas sur moi pour poireauter devant un dessert, même si je t’attends ou fais semblant. Il faudra que je goûte. Ben oui, des fois que ce soit mauvais, hein ?

Ce matin j’ai pris le pinceau japonais, celui dans lequel l’encre est incluse, une chose magique qui glisse et se courbe comme de longs cheveux noirs d’une japonaise sortant du bain. Et le chat était d’accord.

Mais dix minutes après le voilà qui change de place. Débrouilles-toi avec ça !

Hier c’était courrier. La princesse Mingigi m’a encore écrit. J’ai vraiment de la chance. J’ai trouvé quelqu’un d’aussi cinglé que moi avec le courrier. C’est dans nos gènes, je crois.

Une carte pour faire entrer l’automne. Des feuilles magiques que ses elfes ont ramassé pour moi. Un motu dans la tête, des cailloux, des histoires, du thé parfumé, des épices, des cieux enflammés, le goût d’éclairer avec la petite lanterne, celle que tu tiens fébrilement comme un lutin. Bougie vacillante, c’est lourd pour ta petite main. Le chemin sinueux, des frôlements mystérieux, des rêves d’amoureux, des souvenirs qui suivent en cahotant. Les étincelles, les trous noirs, les surprises. Les feuilles sont douces et cannelle. Un jour on pense une chose, le lendemain son contraire.

Hier des pensées et encore beaucoup de monde dans mes rêves, même toi. Il y a des jours comme ça, où vous êtes si près de moi.

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Couper, coller, croquer, chat Balance. Et une mosaïque rajoutée le 1er octobre !

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Carte pour une maison, une amie. Transparences, bleu, peindre, oranges, verres, recevoir, poser les couvertures sur le canapé, faire la lumière entrer, profondeur de champ, espérance.

Dernier matin de septembre. Septembre un drôle de mois. Qui s’étire au soleil et réclame sa pluie voire sa froidure ? Une mosaïque du mois,  demain ?

Mais ce matin, sur mon plateau, servi comme un grand Chef.

Il me fait l’honneur. J’ai pris le cahier de brouillon, petit format et le feutre sur la table de chevet, comme ça. Entre nous.

Entre nous quelques traits, les mains servent à cela. Poser dans l’espace ces traits qui nous rassemblent. Faire voltiger ce quotidien. Un coup par ici, un coup par là. La main sur le papier, la main sur ta main, la main dans la main, la main dans l’argile, les doigts de couleurs. Profondeur.

Hier je suis retournée dans un coin qui me chavire. De ces silences habités. De cette nature. J’en suis revenue un peu dans cet état…

( Oui tu te demandais encore à quoi je ressemble ?)

Je trie les photos et je reviens t’en dire. En octobre, alors ? Octobre j’aime son O j’aime son 10, j’aime ses Balance amies et amours, qui me supportent, un coup comme si, un coup de là, de hauts en bas.

EXCEPTIONNEL !!! Rajouti du 1er jour d’octobre !

La mosaïque du mois de septembre.


Enjoy !

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Croquis-chats. Courriers. Près, loin ?

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Ca va venir. Je prépare le terrain. Oui, pour les amoureux des croquis de chat au petit déjeûner ( comme ceux laissés là), je vous le dis : l’été ce n’est pas la bonne saison. Le chat préfère les couettes moelleuses des frimas. La dernière tentative en août a été périlleuse, le Maestro félin ne tenait pas en place.

Un peu par ci, un peu par là, à chercher la fraîcheur loin des jambes de sa Déesse, tu vois.

Donc, on verra..le crayon de la table de chevet est à bout de souffle. Je passerai bien au pinceau chinois, ce fameux dont je t’avais parlé, encre incorporée, une folie. On verra.

Non, l’été on a collé. On est souvent resté collé au frais à confectionner nos petites cartes que le facteur déteste. Faut dire que l’enveloppe n’a rien de réglementaire, parfois.

J’aime bien habiter dans des petits villages où je peux me présenter à La Poste en tant que « la farfelue du coin » dont ils trouveront des trucs bizarres en attente de destinations. Mais là je suis dans une ville, c’est plus délicat. J’ai toutefois été repérée par la factrice que j’essaie désespérement de faire sourire. Pas facile…

Des cartes pour des petits de des grands. Une puce qui a eu trois mois. Cela se fête. Elle a eu une carte chaque premier mois. La prochaine sera pour ses six mois.

Les premiers mois d’une vie. Qui se compte en heure, en minute, en tétée, en dodos et en cris aussi. Faut dire que sa maman a la bizarre idée de vouloir rependre le travail et de mettre cette puce en crèche trois jours par semaine. Hum…

Je dis Hum…Parce que dans une vie antérieure j’ai travaillé en crèche, je sais donc comment cela se passe pour de bon, ce que vivent les bébés dans de longues journées sans leurs parents. Et, bon…Passons…Ce n’est pas bon de savoir, parfois, ce qui se passe à l’intérieur de certains lieux : hôpital, maison de retraite, centres pour handicapés, crèches…Tu ne sauras pas comment faire, ensuite, si tu es personnellement concernée ! Bon, on passe, je garde mon Joker, OK ?

Carte pour un bébé et cartes pour des dames qui ont passé les 80 ans et les belles lurettes. Cartes pour se remonter le moral, ne pas s’oublier. Celle-ci pour une tante très Juliette Gréco, qui lit des polars et aime le jazz. Alors, hop!,  un côté Dolce Vita sur les bords…

Qu’est-ce que j’ai, moi, avec le courrier ? Je ne sais pas m’en passer. Qu’est-ce que j’ai vu dans mon enfance ? J’ai vu La lettre au grand-père. Mon père, chaque dimanche écrivait une longue lettre à l’encre verte, au sien. Les deux missives se croisaient entre Paris et Rouen. La lettre du père au fils et du fils au père. Lequel grand-père avait écrit pendant toute la guerre de 14 à sa fiancée là-bas si loin, de l’autre côté de l’Atlantique…Et un de mes premiers vrais livres d’enfant racontait un petit garçon qui créait des papiers à lettres et écrivait, écrivait…

Qu’est-ce que j’ai avec le courrier ? Une maladie non contagieuse, encore une. Pourtant je ne me plains pas, les lettres d’amour emplissent encore des placards et des cartons dans la cave, les cartes aussi, dont j’ai même fait un mobile, un jour, au dessus de mon lit, en attendant de le rejoindre, loin, loin.

Loin ?