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Le geste est tout pour moi

Comment prend-on confiance en soi ? Comment perd-on la peur, comment ose-t-on donner sans craindre de décevoir ? On appelle ça l’assurance ou le courage. C’est l’amour qui fait cela. Petite sans doute ai-je été presque adulée. J’étais la dernière dans le panier. Après moi plus aucun enfant ne viendrait réchauffer la maison désertée. Puisqu’on savait que les enfants s’en vont et parfois avec fracas ( on allait le vivre durement avec les deux aînés) on me cajolait comme la dernière petite boule de Noël sur un sapin. On a cru en moi, de manière immodérée. Cela me vaut une tonne de défaut et une fragilité à toute épreuve, dûe au sac de noeuds de celui qui doit être aimé et séduire pour faire, pour apprendre, pour créer. Certes je m’aime immodérément. Premier défaut. Dont je ne peux plus me passer. Je n’ai que moi pour me vivre, je dois donc m’apporter un minimum de soutien personnel. Je sais aussi porter et soutenir en retour, je sais porter espoir pour deux, trois, et plus.

J’aime la subjectivité, je ne sais rien faire parfaitement, je n’aime que le jeté sur le lit où tous on s’assoit en hurlant des bêtises genre  » Belle est la vie, Vive nous ! ». Car à part cela, la vie me paraît bien trop cruelle pour être belle.

Je n’ai pas besoin de faire bien les choses pour en être satisfaite, j’ai juste besoin que dans l’instant un plaisir naisse en moi, sans scrupules, très naïvement, avec cette certitude enfantine de faire naître une joie chez l’autre. Croyante que je suis qu’un geste suffit pour rendre heureux, comme un geste de toi suffit à me rendre heureuse. Je revendique le droit à la spontanéité même si elle ose ses défauts et peut déranger. Je dois parfois expliquer cela, c’est étrange, il m’arrive, oui, de devoir être très explicite et dire et redire et convaincre que c’est le geste qui compte et que ce que tu dis être un « petit rien » pour toi est immense pour moi. Crois-moi.

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un Pho Bo et d’autres choses du jour..et un rajout 48h chrono

Dernière journée sur mon lieu de travail. Entre copines. Aupar

Y’a une façon bien particulière

avant l’une d’elle, chez elle, m’a montré comment faire le vrai « pho bo » vietnamien.de prononcer « Pho » puis le ton, la musique avec le « Bo »..là je peux pas te le faire…Mais c’était délicieux. Je vais te raconter.

Mais quand même l’émotion de la journée c’était d’apprendre que la collègue que je remplace depuis un an et qui est en congès parental, va écourter son congès et sans doute rempiler dès fevrier. Merde, j’avais prévu de bien m’amuser avec mes groupes et je m’étais concocté un thème sur la citoyenneté, le vivre ensemble, l’Europe c’est quoi ? et les gestes écolos au quotidien….Hum, faudra faire fissa, because la collègue c’est pas son genre de travailler dans le live comme ça, elle est moins douée que moi, bien sûr…Non, bon, crotte de boudin.

J’ai avalé la nouvelle en me disant, « Allez tu seras au jardin ! » et puis je me suis dit  « re-crottin de boudin faut se ré-inscrire au Pôle Machin »…je suis rôdée, allez, pis chui  « sénior » tout le monde s’en tape….Y m’foutent la paix…

« Allez tu nous feras un ti deuxième ? » que j’ai dit à la collègue du « Pho Bo » pisque je remplace les celles qui font des mômes… Elle a dit qu’elle va essayer.

Pour le Pho, c’est pas dur.

Un litre et demi d’eau à bouillir avec un gros bout de gingembre frais, deux anis étoilés, du bouillon cube, des graines de cardamome.

Tu as cuit les nouilles. Des plates et larges et blanches / de riz. Tu les places dans les grands bols, quasi saladier, bleu et blanc, of course.

Tu coupes très très finement un oignon en rondelles translucides ( tu te mets zen, et lentement tu coupes comme si ton sort en dépendait…), et idem pour le boeuf, en très fines lamelles ( tu respires avec le ventre et cérémonieusement, tu tranches le boeuf en petites languettes roses, comme des strophes d’un poème taoïste… ).

Tu as des pousses de soja lavées ainsi que de la menthe et du citron ( un demi citron par personne).

Dans un joli plat sur la table tu poses harmonieusement : soja, oignon,menthe, citrons.

Dans les grands bols il y a les nouilles et les lamelles de boeuf et tu verses le bouillon radieux.

Chacun mettra le contenu du joli plat (soja, menthe,oignon, tu suis ?) à sa guise et citronnera abondamment le résultat. Tu manges lentement avec baguette et à la fin le bol tu rapprocheras de tes lèvres pour boire. C’est le bol qui se rapproche, pas toi qui te courbes comme un malotru pour baver sur les nouilles, hein ?

Heureux mais jamais repu tu en re-veux. Il y a. Tu recommences. Forcément ça n’a jamais le même goût. parce que le temps a passé, le citron un peu plus ou moins, les nouilles pas pareilles, ont collé, l’oignon plus mou ?

Tu l’as compris soja, oignon et viande ne cuisent qu’al dente à peine que par la grâce du bouillon qui les recouvre. D’où l’extrême besoin, petit vermiceau, de couper si finement, que le jour passe au travers, que la couleur fonde, que tu ne saches plus sous ta langue qui était quoi…

Je crois qu’on peut inventer d’autres ingrédients. Aïe, je vais me faire griller la plante des pieds j’ai oublié la purée de piments…petit pot acheté chez l’asiat du coin. Il est sur la table et tu en verses une pointe dans ton bol, il se mélange au Grand Tout…A toi de voir le dosage. « Sans le piment pas de Pho Bo ! » a dit la copine.

J’avais une amie qui s’appelait Chi. Le Pho était son anti dépresseur et son anti grippe et son anti…Le restau où elle allait était tenu par un pote, devenu ami de la Belle. Vers 11h elle s’y pointait, avant le rush. Ils se parlaient vietnamien, j’adorais cela. Il l’installait  à sa petite table du coin et allait mitonner le Pho spécial, pour eux. Un truc avec des anti-tout dedans, des saveurs extrêmes, des remèdes pour l’âme, un fumet divin.

Au vietnam, cette soupe-bouillon est partout. Sur tous les trottoirs, dans toutes les rues. Le mets de base, le mets qui requinque, il y a sans doute à chaque région sa façon… Le Vietnam est un pays de toutes façons…Qui te retourne comme une crêpe, te fait voir des étoiles. La cuisine est divine, tu ne la manges nulle part ici sauf dans les maisons. Divin, je dis, divin. Que le grand Cric me croque si tu ne dégustes pas un jour un vrai Pho Bo vietnamien !

Tiens, rien que d’y repenser me fait oublier la nouvelle moins agréable de ma journée…De toutes façons, dans les boulots je ne fais définitivement que passer, c’est ma destinée et cela me plaît.

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48 h plus tard, j’ai un goût de reviens-y vite vers le Pho.

J’ai acheté du soja en bocal passque rien d’autre….bof bof mais en fait je constate qu’il redevient meilleur et croquant dans le bouillon, j’en ai même mis dans la casserole, carrément.

Je rajoute au bouillon une tomate fraiche,  pelée, coupée en tranches

Je n’ai pas de boeuf, par contre j’ai du coriandre frais en supp de la menthe

Je n’ai pas les nouilles ad hoc, larges et plates. Les miennes sont plutôt format spaghettis, mais de riz, hein ? Attention !!

Et bien je me suis régalée !! Et la purée de piment en bocal n’est vraiment pas forte, je n’ai pas hésité !

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lentement sûrement

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Lentement et surement, la vie ne t’attend pas. Elle s’en fout de toi, y’a du monde au balcon, des candidats au portillon. Elle passe et plus tu en prends plus tu es vivant et un peu plus mort aussi, gaiement.

Lentement et sûrement, il y a des choses, des moments.

Des endroits que tu as attendu depuis très longtemps, en te demandant même…

Une pièce à moi, pour y faire quoi. Y lâcher tout, y retrouver les évasions d’adolescence, mettre le feu, foutre le bordel, déborder, faire des merdes sur tous supports, prendre un thé, tout bêtement. J’y veux un petit endroit pour la poser cette théière qui elle aussi sera là. Celle que je n’ai pas.

La vie passe et n’attend pas. Lentement et sûre, elle se rapproche de toi. Emporter, dégager, reprendre ses droits, posséder son plaisir, affronter ce qui va. Avec cette vie qui va.

Cet aprem, pour tout te dire, pour que tu saches quand même, suis passée voir l’amie enfermée maintenant en maison de vieux. Je lui parle sur le banc, je mange mon sandwich, je la distrais. Nous rions, nous sourions, elle dit qu’il faut prendre, traverser, qu’elle n’a plus sa tête, elle a des trous inside. « Elle était trop pleine », je lui dis, je ris, c’est pas grave je lui dis. Je cueille du tilleul, je lui donne , elle le tient comme un bouquet, elle mange le chocolat que j’ai amené et le gâteau au coco que j’ai fait. Un gentil chien vient, on lui parle et le caresse « Couché » dit-elle et le chien se couche.

Je regarde les arbres, je passe dans la salle où la misère s’étale, je me dis non, non, c’est la vie, Laure, souviens-toi, c’est la vie comme ça aussi.

Je rentre chez moi. Je suis heureuse. C’est cette putain de vie qui n’attendra pas, non, je te le dis, elle ne me file pas entre les doigts.

ce matin, 4 heures.

Ce matin, quatre heures, le réveil sonne comme chaque matin chez nous, enfin les matins de son turbin…

J’ouvre immense la fenêtre qui borde le lit où je m’étale voluptueusement.

Hier je me suis demandée si les merles avait sonné le glas du faux printemps et si, autant accablés que moi par la canicule qui dit clairement son nom chez nous depuis samedi…Si donc, ils avaient cessé de chanter.

On a ouvert les zoreilles le soir et entendu au loin une sérénade fugitive. La dernière ? J’avais le coeur serré. Ne les retrouver qu’en février l’an prochain, je ne m’y fais pas. Et comme cette année, je l’ai dit, les martinets sont ici trop silencieux…ca ne va pas.

Alors ce matin je frétillais d’espoir ma fenêtre toute pour eux et…oui, les voilà. Pas longtemps, je vois bien qu’ils ont compris que la chaleur lourde s’installe et que l’eau manque pour de bon, cruellement…

Juste avant l’aube, avant l’éclairage sans faille, le ciel bleu torride. Ils ont chanté. J’ai retenu mon souffle dans ma tête pour me souvenir longtemps. J’ai étalé un peu plus mon corps tout plat pour capter leurs petites ondes délicieuses et courageuses. Et puis quand vraiment le jour a pris place, le silence, les bruits de la vie, encore une brise, mais plus de merles à ma porte.

J’ai encore eu le coeur serré et pensé aux aimés partis. J’y pense toujours en voyant le jour venir à moi, dans les yeux. Au jour où, un jour, souvent à la fin de la nuit, entre trois heures et cinq heures, un jour ferment les yeux, ne respirent plus, ceux qui ne verront plus demain, sur cette Terre, ici, ce ciel, ce soleil, cette mer, cette montagne, bon sang, toutes ces merveilles qui nous émerveillent.

Dans ma tête résonnait une petite fête. Un aller-retour tout à l’heure vers une amie, au bord de mer. De ces amies qui vivent très très loin. A peine une journée ensemble. Ne presque rien se dire et marcher sur le sable.

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Photos d’album

Une photo de photo d’album des temps anciens.

En écho au billet de Tifenn du 7 mai,  sur les pluies.

Celle de son enfance insulaire lointaine et celle d’aujourd’hui.

Cette photo, j’avoue comme je l’aime. D’abord c’est les vacances, nous sommes amoureux. Je suis dans ce pays thaï depuis une année pas plus. Cette île est notre refuge. Elle fut aussi l’endroit, en premier lieu, où tout de suite nous sommes venus  « pour faire le point, pour être sûrs »…Pendant qu’un aimé m’attendait à la maison, une maison qui prenait l’eau de toutes parts, dedans…Tu m’as emmené dans ton sanctuaire de sable chaud et au retour j’ai pris ma décision, les yeux emplis de larmes. Parce que quitter, c’est quitter.

Cette photo je l’adore. Nous mangions du requin au bord de la plage dans ce restau qui avait aussi des chambres.

Et la pluie, oui, là bas aussi, s’abat chaude sur toi, toute comme un manteau. Elle coule drue, partout. Et nous devenons transparents.

Elle est musicienne, elle claque, flapotte, glougloutte, tonne, et ruisselle. Elle transforme les rues en marées, elle déborde et la vie continue.

La serveuse court et s’amuse. Personne ne passe sous les gouttes de ces pluies là. J’ai tout bu avec toi.

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Oui, j’ai repris en photo des photos d’album. Je les mettrai , comme d’hab.

Travailler dans un camp de réfugiés, tu ne sais vraiment pas faire. Rien ne peut te préparer.

Dans ma première maison en bois sur pilotis, où je vivais, j’ai imaginé pour la cour des enfants, une structure en bambou, le seul matériel disponible facilement. Je comptais les centimètres et les mètres en faisant des grands pas dans une pièce très chaude d’un bois marron avec des moustiques dans les fentes.

Je venais d’arriver ou presque et j’étais inquiète sur tout. J’ai tracé sur le papier un genre de maison cabane avec son toboggan et de quoi jouer et se balancer dessous. Les réfugiés-décrétés animateurs – ont tout de suite su réaliser quelque chose de beau et solide avec leurs coupes-coupes. Ce sont des hmongs, un groupe ethnique de chasseurs-cueilleurs. Monter une cabane en bambou c’est leur quotidien, à dix ans tu sais faire ça. Tout de tes mains.

Finalement mes pas dans la maison avaient raison, ça se tenait mon truc.

Quand je suis partie, deux ans après, j’avais compris que rien ne reste derrière toi et que j’étais venue essentiellement pour moi. Néanmoins quand j’ai vu une photo prise trois ans après où cette même cabane tenait encore debout, j’étais vraiment contente. Après tout…

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Toi aussi ?

//sites.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/

Sur le site franceinter.com, A la lettre « i » / émission Interception. Du 3 avril, à ré écouter…..( oui c’est pas gagné,  il faut le player, etc…à toi de jouer….)

Toi aussi tu as entendu le reportage dans l’émission Interception sur Fce Inter ?

Sur la chorale de rue de Nantes

En larmes que j’ai fini, ma brave dame, en larmes, j’arrivais même pu à chanter avec eux.

Tout ce que j’aime. Tout. Repensé au « Petit à petit », hein Cécile ? Ce lieu que nous avons monté avec un groupe de cinglés utopistes. Un lieu où vivre ensemble, partager sans juger, laisser vivre, s’entraider, boire un café, faire un repas. Pensé à toi qui bosse aujourd’hui pour la Fondation Abbé Pierre. L’Etre ensemble.

La vie toute, comme ça. Sinon, c’est pas la peine.

Bon sang, ils m’ont fait chialer les larmes de mon corps ce matin, et bien, bien beaucoup plus loin.

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PS. Leurs mots, entendus..

« Qu’est ce qui est le plus dur dans la rue ?

– La solitude qu’on rencontre avec les autres… »

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« ..et cette chorale alors ?

– Ben ça fait quatre ans qu’on chante faux et qu’on est là… »

 

La notion de temps est tellement vagabonde

Pas de connection sur mon portable, mon ordinateur, à moi, avec tout dedans. Mes photos, mes secrets, mes envies, les mots qui attendent rangés dedans, même quand je ne le sais pas.

Plusieurs jours sans un blog. C’est drôle mais j’avais repris le lien quotidien alors tout à coup des jours sonnent comme des semaines ou des mois. Loins. Loin.

On a l’impression qu’on perd tout le monde, qu’un fil se détache, se lâche. Bon sang, je suis vraiment peu de choses.

 

Bon alors je squatte un ordi là, pour vous dire que, ben, que.

Que pour une future maison, ça avance, Waouh ça avance. Ma spécialité étant de vendre des peaux d’ours avant de les avoir grillées, nan, keske tu dis ? C’est des cacahaouètes que tu grilles, petite patate !!

M’enfin bon, je me tais, hein ? On croise les doigts. Aïe ça fait mal ! Je sais à peine croiser les bras alors les doigts, ouh là là….

 

Je vous embrasse. On reste ensemble ? Tu pars pas toute ?

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