ce matin, 4 heures.

Ce matin, quatre heures, le réveil sonne comme chaque matin chez nous, enfin les matins de son turbin…

J’ouvre immense la fenêtre qui borde le lit où je m’étale voluptueusement.

Hier je me suis demandée si les merles avait sonné le glas du faux printemps et si, autant accablés que moi par la canicule qui dit clairement son nom chez nous depuis samedi…Si donc, ils avaient cessé de chanter.

On a ouvert les zoreilles le soir et entendu au loin une sérénade fugitive. La dernière ? J’avais le coeur serré. Ne les retrouver qu’en février l’an prochain, je ne m’y fais pas. Et comme cette année, je l’ai dit, les martinets sont ici trop silencieux…ca ne va pas.

Alors ce matin je frétillais d’espoir ma fenêtre toute pour eux et…oui, les voilà. Pas longtemps, je vois bien qu’ils ont compris que la chaleur lourde s’installe et que l’eau manque pour de bon, cruellement…

Juste avant l’aube, avant l’éclairage sans faille, le ciel bleu torride. Ils ont chanté. J’ai retenu mon souffle dans ma tête pour me souvenir longtemps. J’ai étalé un peu plus mon corps tout plat pour capter leurs petites ondes délicieuses et courageuses. Et puis quand vraiment le jour a pris place, le silence, les bruits de la vie, encore une brise, mais plus de merles à ma porte.

J’ai encore eu le coeur serré et pensé aux aimés partis. J’y pense toujours en voyant le jour venir à moi, dans les yeux. Au jour où, un jour, souvent à la fin de la nuit, entre trois heures et cinq heures, un jour ferment les yeux, ne respirent plus, ceux qui ne verront plus demain, sur cette Terre, ici, ce ciel, ce soleil, cette mer, cette montagne, bon sang, toutes ces merveilles qui nous émerveillent.

Dans ma tête résonnait une petite fête. Un aller-retour tout à l’heure vers une amie, au bord de mer. De ces amies qui vivent très très loin. A peine une journée ensemble. Ne presque rien se dire et marcher sur le sable.

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6 réflexions au sujet de « ce matin, 4 heures. »

  1. Ici, je crois qu’ils ont compris leur chance de l’ombre et de l’eau dans les bols. Ça chante à tue-tête, j’aime. Jamais le silence, sauf au milieu de la nuit quand je rentre de la danse. Alors, je vois les étoiles, et ce sont elles qui chantent. Tous ceux qu’on aime, oui.
    Un jour, une autre mer, une autre plage? invitée amie…tu es.

  2. Merci…et tu sais que si deux heures de train étaient suffisantes, il y a longtemps que je serai venue….hi, grr, pff, splout, cuic, hé, ah, humf, plic ploc, pouêt, lalatra

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