Photos d’album

Une photo de photo d’album des temps anciens.

En écho au billet de Tifenn du 7 mai,  sur les pluies.

Celle de son enfance insulaire lointaine et celle d’aujourd’hui.

Cette photo, j’avoue comme je l’aime. D’abord c’est les vacances, nous sommes amoureux. Je suis dans ce pays thaï depuis une année pas plus. Cette île est notre refuge. Elle fut aussi l’endroit, en premier lieu, où tout de suite nous sommes venus  « pour faire le point, pour être sûrs »…Pendant qu’un aimé m’attendait à la maison, une maison qui prenait l’eau de toutes parts, dedans…Tu m’as emmené dans ton sanctuaire de sable chaud et au retour j’ai pris ma décision, les yeux emplis de larmes. Parce que quitter, c’est quitter.

Cette photo je l’adore. Nous mangions du requin au bord de la plage dans ce restau qui avait aussi des chambres.

Et la pluie, oui, là bas aussi, s’abat chaude sur toi, toute comme un manteau. Elle coule drue, partout. Et nous devenons transparents.

Elle est musicienne, elle claque, flapotte, glougloutte, tonne, et ruisselle. Elle transforme les rues en marées, elle déborde et la vie continue.

La serveuse court et s’amuse. Personne ne passe sous les gouttes de ces pluies là. J’ai tout bu avec toi.

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Oui, j’ai repris en photo des photos d’album. Je les mettrai , comme d’hab.

Travailler dans un camp de réfugiés, tu ne sais vraiment pas faire. Rien ne peut te préparer.

Dans ma première maison en bois sur pilotis, où je vivais, j’ai imaginé pour la cour des enfants, une structure en bambou, le seul matériel disponible facilement. Je comptais les centimètres et les mètres en faisant des grands pas dans une pièce très chaude d’un bois marron avec des moustiques dans les fentes.

Je venais d’arriver ou presque et j’étais inquiète sur tout. J’ai tracé sur le papier un genre de maison cabane avec son toboggan et de quoi jouer et se balancer dessous. Les réfugiés-décrétés animateurs – ont tout de suite su réaliser quelque chose de beau et solide avec leurs coupes-coupes. Ce sont des hmongs, un groupe ethnique de chasseurs-cueilleurs. Monter une cabane en bambou c’est leur quotidien, à dix ans tu sais faire ça. Tout de tes mains.

Finalement mes pas dans la maison avaient raison, ça se tenait mon truc.

Quand je suis partie, deux ans après, j’avais compris que rien ne reste derrière toi et que j’étais venue essentiellement pour moi. Néanmoins quand j’ai vu une photo prise trois ans après où cette même cabane tenait encore debout, j’étais vraiment contente. Après tout…

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8 réflexions au sujet de « Photos d’album »

  1. Ah…Merci…Je me demandais..j’avais croisé une cat..soniou..sur un atelier-forum d’écriture…Tu es , toi, celle qui a eu le cran de virevolter chez moi dans mes coins faits pour perdre les lecteurs ?!! Bravo toi !

    1. Celle-là même !
      Nous avons aussi une plateforme d’écriture pour écrire seul ou à plusieurs, en même temps ou séparément …Bref je te donne le lien, ça me ferait plaisir que tu viennes virevolter à ton tour, peut-être auras-tu envie de t’y poser un peu….http://www.scribulations.fr/

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