Et une clé, une !

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Retour du jardin. Cette fois j’ai la clé du portail, comme une sucette, pour me faire taire et patienter, en attendant d’avoir plus.

Je lui ai mis trois porte-clés à la clé du portail de mon futur jardin. Une mini babouche marocaine qu’une dame du boulot m’a offert, c’est kitsch au possible. Une tour Eiffel en acier, mini, elle était dans l’appartement , accrochée, à notre arrivée en 2007. Un élan québécois qui n’attendait que cela, depuis quatre ans dans un placard, je l’ai retrouvé en rangeant des trucs.

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Pas d’eau nouvelle dans les récupérateurs….Il ne pleut pas. Il a plu une fois depuis cinq semaines. Fort, bien. Mais depuis : Niet, Tintin Bernique. Crotte de Bique. Cela n’arrange pas mes affaires. Je voulais planter un peu….et ne passer que deux fois par semaine en attendant mieux….

Bon j’ai la clé du portail = du jardin, tu me diras ! C’est la joie !

Et quand même… les haricots mis en terre mercredi font leur vie.Ils ont trouvé de quoi grandir un peu tout seuls. Ils sont bien braves.

Je sens un printemps de fou. Je défriche donc uniquement ce qui est à l’ombre, pas de soleil direct, même moi je ne le supporte pas.

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Cachée derrière la grande haie de lauriers je tripote le jardin un peu plus à chaque passage. Je découvre à chaque visite.

Vu la menthe, vu l’acacia-robinier contre le mur de la maison. Pourquoi tu te fourres contre le mur comme ça ? Vu des marguerites sur un sol désseché rempli de chiendent. Les filles vous êtes extras. Je leur ai fait place autour.

Vu les fraises des fraises des bois….Attendez que je revienne cette semaine vous allez voir !!

Vu la mélisse mais qui sent la citronnelle, maintenant je suis confuse. Vu la sauge en fleurs par milliers.

Vu les pucerons sur un rosier et un merle mort à son pied. Ne restait plus que les plumes. L’ai déplacé….

Ai taillé un peu les rosiers, juste un rafraichissement de ces dames qui sont livrées à elles mêmes depuis quatre ou cinq ans,  je vous dit pas les allures qu’elles ont pris. On ne peut plus rien leur dire.

Vous ai-je parlé des roses jaunes, les dernières trouvées la semaine dernière ? J’ai parlé des roses, « rosa rugosa » m’a dit une blogueuse experte, puis des rouges-gitanes veloutées.

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Et sont arrivées les jaunes. Des classiques, des sensuelles. Qui n’ont besoin de rien faire pour te retourner. Tu les regardes et tu as tout de suite envie de dire quelque chose. Un Oh..Aaah..Tu as vu ? Ouiiii….Hmmmm.

Les jaunes aux pétales amples, des draps déployés, mine de rien, lascives mais dignes. Des qui cacheraient leur jeu sous des allures sobres et élegantes.

Les jaunes. Et encore un parfum différent. Elles ont toutes leurs parfum à elles. Des vrais célébrités. La jaune est moins volubile, plus parcimonieuse dans son grimpé. La jaune se mérite, ne se donne que pas à pas.

Les rouges sont folles. Lourdes, épaisses, elles prennent tout, s’imposent. Elles sont extravagantes. Je veux une robe d’elles. Du même rouge et noir et des mêmes frou-frous parfumés.

Les roses sont des enfants, rosa rugosa, presque des mamans églantines. Grimpent par poignées, foncent vers le ciel, se penchent, ploient, sont en grappes.

Très éphémère, et constante en même temps, la rose rose va en nombre, file comme une étoile, prend tout un mur, danse pour mieux mourir, vite, leste, petite, frivole.

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Je suis toujours heureuse de revenir. Mon appartement est agréable et calme. Le balcon se vide tranquillement. Des dizaines de pots entrent dans la voiture puis ressortent 20 kms plus loin et attendent dans le jardin. Vide, vidés, prêts à tout. les oiseaux peuvent venir y faire pipi.

La voisine a une glycine qui se glisse vers chez moi, je l’ai attirée, je lui ai dit de s’installer, j’ai rien dit à la voisine. Elle a un jardin grand et fouillis. Super. L’autre voisine est une mégère du coin. A bétonné son jardin et en est contente. A laissé 50 cms de plate-bandes et trouve que c’est trop ! A éviter avec délicatesse. Tu lui sors une phrase gentillette, t’en as pour 20 mns de baratin sans interêt. Au sec…

Voilà, je suis rentrée. Le balcon vert et soleil me fait des yeux. Le thé fumé aussi.

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Je ne vais plus danser pour la pluie.

Elle est partie, je ne sais pas où, je ne comprends pas. Pour se faire aimer, c’est sûr, se faire désirer.

Non, je vais danser pour le reste. Il y a.

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8 réflexions au sujet de « Et une clé, une ! »

  1. tu me fais rêver Laure, et ça c’est plutôt bien.
    Mais la je sors de chez toi et j’ai plutôt faim, je crois qu’il faut que je retourne dehors, me payer une bonne tranche de vert avec une rasade de printemps.
    Bisou 😉

  2. C’est délicieux, délicieux, délicieux
    On a envie de se lover dans tes mots dans tes fleurs dans tes parfums
    Ton jardin tu le montres comme un trésor alors c’est déjà un trésor…

  3. Mais il a plu hier matin, non? quel beau jardin, que du bonheur a travailler dans ce jardin, et puis dans la maison, bientot.

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