Moi j’dis…

Moi j’dis qu’y en a ils z’envoient des trucs bizarres alors faut pas s’étonner que le facteur il traine la savate…

Waouh les bretonnes ont frappé un grand coup ce matin !

Le jardin au vent qui pense et la fille qui danse dans les rues, par exemple, je dis pas des noms, moi, je dis juste qu’y en a elles z’ont pas peur de  timbrer leurs pensées.

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Je dis juste qu’il y a des blogueuses qui n’ont pas froid aux yeux ni aux guibolles.

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Et je dois dire que ça me fait tout chose aussi because je n’envoie rien en ce moment, rien fabriqué avec mes paluches. Comme un laisser aller, une grosse flemmingite dans les aïgus. Ben t’as quoi, tu spleen ou quoi ??

Et pis faut dire IL FAIT CHAUD !! Pas toi ?

Nan, sans blague c’est quoi c’te canicule d’avril là ? Je commence à me poser des questions.

La Bretagne a soif et danse pieds nus dans les rues. On vit en robe d’été ici et on pourrait dormir dehors, même qu’on aurait chaud, pas un poil de fraicheur la nuit ou si peu. Ké Passa ??

Nan pasque j’avais une théorie sur la météo Toto. Suite à mes fines observations d’icitte, j’avais trouvé que les années où tout était décalé, en avance. Genre : le froid d’hiver en novembre puis rien…Puis avril en short et en sueur…Ben ces années là l’été était un peu malade, mitigé, pluvieux froid fin juillet, pas top top, forcément puisque l’été a déjà donné en avril-mai.

Bon mais là j’ai un doute qui m’étreint. Je sens le truc pas clair, une embrouille à l’horizon. Va falloir que je brieffe ma grénouille sur le balcon.

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N’empêche. N’empêche j’ai fini le livre de K. Hagena. J’avais fait un billet titré  « Je ne suis pas décue. « 

Je confirme.

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Ce livre est tombé pile poil. J’étais dans la soupe, fallait juste remuer à petit feu. y’avait tout pour moi à ce moment là, précisément.

Je l’ai entendu à la radio encore une fois : un livre c’est une question de moment. Ce n’est pas tant que le livre soit « bon » ou pas. C’est surtout le moment qui fait que « ça colle », ça te colle à la peau. C’est rare, ce n’est pas tout le temps l’emboitement parfait, ça ne fait rien. Et desfois c’est.

En avril-mai 2005 j’avais enfin pénétré l’univers de Jim Harrison. Je l’entendais à la radio, je le guettais, je savais mais je n’osais. Ce n’était pas l’heure. Et puis sur une pulsion j’ai acheté un de ses bouquins. Je m’en souviens. Je venais d’emmenager dans une maison. J’étais tout le temps au jardin. Je l’ai lu dehors, sans m’interrompre. Il me parlait. Mon arrière-grand-père me parlait, Les grands lacs me parlaient. Rien d’autre ne comptait. A partir de ce moment là j’ai repris les rênes pour refaire le grand voyage vers le pays de ma grand-mère. Cela m’a pris deux années, de recherches en archives généalogiques y compris.

Deux années pendant lesquelles j’ai lu tout Harrison. Point.

Pour  « le goût des pépins de pommes »  je pense qu’il faut avoir connu certaines ambiances. Des ambiances familiales de senteurs, de fruits, de fleurs, des grands jardins où se nicher.Des abeilles qui grondent quand tu passes sous la tonnelle.

Une copine d’atelier d’écriture m’a écrit  » Ah tiens ? tu l’aimes ? Je n’ai pas réussi à le finir ce livre. » Oui, je comprends. C’est un livre de moment dans la vie. De souvenirs. De rivières, de jupons, de riens. J’adore les courses qu’elle fait, ce qu’elle rapporte à manger. J’adore qu’elle se baigne nue dans une eau noire. J’adore le poulailler repeint en blanc dans la nuit. Et bien sûr sa grand-mère qui perd la boule, c’est formidablement écrit. L’escalier qui craque et parle. Les odeurs, la bicyclette, le drame, les marches du perron où pécorent les filles. Tu t’y plonges ou pas. Et pour ma part j’ai éprouvé le besoin de lire entre le dehors et le dedans, le plus souvent sous le vent, au soleil, j’avais besoin de sentir l’air, de me mettre à portée du chant des merles, de l’alentour, d’être frôlée.

J’ai pris le temps aussi. Impossible de lire juste quelques pages à la fois.

Je voulais tout oublier de l’ici et partir complétement dans la maison avec elle. Sentir le coton des oreillers, jeter la robe noire pleine de sueur qui colle à la peau. Toucher la main du vieux monsieur venu déposer son secret.

Manger enfin les pommes sous l’arbre. Poser la couverture sur l’herbe mal fauchée. Partir, évoquer, souvenir, presser la pulpe, m’alourdir, rêver.

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4 réflexions au sujet de « Moi j’dis… »

  1. Aaaah, te voilà toi. Ton pays de vallons où se nichent des mots sucrés de soleil.J’ai aimé les pépins aussi, because tout. Et j’ai pensé à toi en le lisant. Tu sais pourquoi, suis sûre.
    La Bretagne va dans l’eau maintenant c’est l’heure. Avec des sandwichs qui pèguent et dont les morceaux iront nourrir les goélands…

  2. Faut que je l’attrape celui-là, mais en ce moment tout ce que je lis j’aime pas, alors je vais peut-être attendre un peu.
    Je savais que tu aimerais les timbres, je n’achète que des jolis timbres, même si j’envoie un courrier au Trésor public, je mets un joli timbre… pas rancunière la nénette.

  3. Tu as raison, cela peut toujours arrondir les angles de la journée, de celui qui recevra…
    Une pause s’impose comme tu dis si tes bouquins ne te collent pas. Moi je ne lis pas jusqu’au bout quand ça ne le fait pas, pas la peine de perdre nos temps le livre et moi, je le rends en bibli en me gardant des secondes chances.

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