Le jardin

Un après-midi dans le futur jardin. C’est le jardin qui m’a séduit et pourtant c’était l’hiver.

Je ne savais pas pour les roses.

Maintenant je sais. Et je suis subjuguée. Qu’elles aient attendu toutes ces années pour me plaire. Que quelqu’un les ait plantées, ces grimpantes.

J’avais cueilli les roses roses et tendres et leur parfum envoutant.

Là, je reviens avec les rouges. D’un velours épais, du tissu en pli et encore un autre parfum. Mises dans un grand sac, on les sent à travers, leur parfum monte, flotte, s’étend. Elles sont bourrées de pétales, une robe de gitane ourlée.

Et elles ne se laissent pas photographier. Des gitanes rouges secrètes. Seules depuis longtemps, elles sont devenues farouches.

Elles remplissent la main, une rose rouge dans le creux de la paume.

La maison a presque quarante cinq ans. Quel âge ont les roses ? Avec le temps elles ont pris du tempérament.

Les roses roses sont légères, elles sont entrain de basculer ensemble dans le vide, un fatras de branches qui n’est plus accroché au mur. Elles sont aux fenêtres.

Les rouges sont saignantes, plus solitaires et fermes, nichées, lourdes. Elles se cachent dans la broussaille. Elles aussi arrivent aux fenêtres. Il suffit de se pencher, d’un côté ou de l’autre pour les cueillir.

C’est un conte de fées.

Je ne sais pas du tout comment on se sentira à l’intérieur, c’est tellement un peu de bric et broc et il y a pas mal à faire au mur et aux sols…Il y a un haut et il y a un bas qui n’ont pas grand chose à faire ensemble. La maison est un puzzle un peu dissocié.

Mais je sais comment on sera dans le jardin, je le sais déjà.

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8 réflexions au sujet de « Le jardin »

  1. Il n’y a rien n’à faire, les roses j’y peux rien. Elles me foutent le bourdons, à mort. Même l’odeur, même en images.
    Mais alors qu’est-ce j’aime tes photos du haut.
    Mais les roses, non vraiment.

    1. Ah ? J’ai été longtemps comme cela avec les roses  » du commerce » et puis un jour j’ai rencontré les vieux rosiers des jardins, vieux, ourlés, qui ne demandent rien, et là c’est toute une autre histoire. C’est un autre monde. Celle là je t’assure, te rendraient heureuses, elles ne demandent rien, elles se foutent de tout, elles vivent libres en folie depuis cinq ans, sans rien, sans personne, à l’assaut de la maison, des folles, des cinglés, des odeurs de fruits et d’air.

  2. HMMMMM! je crois les sentir!!!
    j’ai un rosier rouge foncé contre le mur des fraises, il est en boutons , mais les fleurs vont venir vite et celles-là elles ont un parfum génial , capiteux et parfois , elles sont énormes! pire que des gitanes , des Bouboulinas ventrues et outrageusement fardées! ça a l’air bien ,dis -donc le futur endroit! bon courage pour les broussailles!

  3. Les broussailles ça ne sera que du plaisir par rapport aux fatras du dedans…Merci à toi..Bouboulinas ?, tiens, ça m’intrigue !!

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