Une maison, un jardin.

Une maison pourquoi ? Et au fil des visites et des sentiments, tout ce qu’on met dedans.

Faudra-t-il s’y reconnaitre ? Faudra-t-il y être différents ? Je sais ce que je vis les mains dans la terre. Tout ce que j’y mets, de l’essentiel.

Une maison donc un jardin. Comme pour tout ce que j’aime, tous ceux que j’aime et dont j’ai tant besoin, je m’efforce de m’en passer, je me fais régulièrement cette violence,  silencieusement. J’ai passé ma vie d’adulte comme cela, à me prouver qu’on peut se passer de…Pourquoi ? Je ne sais pas. Ce goût de tester vers l’ultime, de ce « comment vivre » sous toutes les conjugaisons. Creuser vers la source, refuser la dépendance vis à vis de quoi que ce soit ? Illusion.

C’est petit à petit que j’ai compris que j’étais terrienne. Comme ce n’était pas de bon aloi chez mes parents, je me taisais. Je le vivais en douce. Ce n’est que plus tard que je l’ai compris puis écrit. Mais c’est resté comme un secret ou un tabou. Pourquoi ? Parce que cette génération, celle des parents des années 20, ne voyait de l’interet que dans le progrès et repoussait loin leurs ancêtres qui s’étaient usé les mains ?

 

 

La roue des générations tourne. Et puis j’étais la seule de la fratrie à aimer la nature et la terre. Je ne le savais pas. C’est le bonheur de rencontrer des béarnais qui me l’a révélé au grand jour. Nous vivions en maison, toujours dehors, chez eux, leur terre, leurs rivières, ils m’apprenaient tout. Ce fut le commencement. Et puis, en Drôme depuis plus de treize ans, j’ai toujours eu un lopin à moi. Soit du jardin collectif-partagé, soit un jardin tout court. Sauf depuis quatre ans. Pourtant c’est moi qui ai choisi de venir en appartement, c’était plus simple, moins cher, et je changeais de travail, de salaire, etc.

Je fais toujours mes choix avec le sourire, cela ne sert à rien de pleurer si tu ne subis pas. Le jeu est dans tes mains, assume. C’est vrai que je suis autoritaire mais en vieillissant je me rends compte que je le suis autant avec moi qu’avec les autres.

Alors les visites de maisons se suivent sans se ressembler mais continuent de creuser une veine, un tunnel qui bouge, qui fait ressurgir, qui interroge, essaie de trier en moi et emmêle tout. Dès que je vois  un jardin qui a du vécu, je frissonne. Des arbres, des fruits, un espace qui parle déjà, que j’ai envie de prendre dans mes bras. Mais on ne vit pas que dans le jardin, n’est ce pas  ? Il faut être raisonnable et bien regarder la maison aussi.

 

Un jour il y aura celle, ou simplement le moment. Le tunnel sera percé, les certitudes amorçées, la peur envolée. Et on dira Oui. Comme un baiser. Au moment où on ne s’y attend plus, peut être ?

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6 réflexions au sujet de « Une maison, un jardin. »

  1. Il y a un jardin dans le coeur de chacun, et puis partout autour la terre qui lui ressemble… Heureusement chaque jour, l’on peut croiser, un arbre, une fleur qui nous raconte…
    bise

  2. oui j’ai vécu cette même peur, j’ai comme toi beaucoup reculé devant un tel achat, chercher une maison c’est un chemin de connaissance de soi !

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