Cet arbre là

Dans les grands champs de noyers il y avait cet arbre. Je me promenais, le soleil fricotait avec leurs immenses branchages, dans leurs feuilles il jouait. J’étais sous le charme.

C’était au moment de rebrousser chemin, tranquillement, comme toujours. Les choses essentielles ne préviennent pas avant.

Je l’ai vu. Le premier dans le rang. Sa face ouverte, nue. De l’autre côté c’est un autre, tu ne soupçonnes rien.

Il m’a immobilisée. Longtemps. Il faut rester. Faire connaissance et puis se livrer.

Rompre les digues. Caresser.

Il est à moitié, écorché mais cicatrisé. Ses branches plongent, vertes, jaunes, il donne. Il a fait sa vie. Il est entier.

Faire le tour

Etre près et loin

Ne pas en revenir

Lever les yeux

Le lointain et la terre

Rien.

.

 

Se coller contre

Entrer

La mémoire afflue, lisse, dérobée, une rivière en crue

Les mains caressent

Le corps ne sait pas faire, il laisse tout

C’est une autre histoire

Un silence habité. Le silence de l’essentiel

Juste.

Rien.

.

C’est partir qui est douloureux

Il y a ce moment où on repousse le volet

Le coeur creuse dans le sol. Les yeux rester

Sous l’écorce le sourire incrusté

L’éphémère.

.

.

L’arbre au dedans tu peux en voir un peu plus là.

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10 réflexions au sujet de « Cet arbre là »

  1. une très jolie poésie émouvante, accompagne cette composition originale. Tu as bien fait de lui rendre hommage à ce vieux arbre tordu.
    @ bientôt,

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