Des grand-mères, un vélo, un pays, les fruits de la vies

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Septembre.  Retour de mes amours, retours.

Aller partout au dehors dans une douceur de temps et de tempérament.

Pom pom pom..Pommes par milliers, le fruit que mon corps aime, le fruit de records de longévité qui passera l’hiver avec moi aussi. Ma grand’Ma québecoise les adorait, forcément, et disait  Une pomme par jour pour rester en bonne santé ! Vieille mais encore en forme, elle ne s’est décidée à mourir que de chagrin afin de rejoindre son mari, son cousin français qui l’avait emportée loin de chez elle.

Pomme. Le fruit des beaux amours. Croquants.

Je vis dans un pays de fruits. C’est une folie. Vergers sans limites, du printemps à l’automne. Là où je photographie ces pommes, les vergers de cerises sont juste à côté. Tu tournes la tête de gauche à droite, entre pommiers et cerisiers et tu vois les saisons te faire signe. Vertes, rouges, roses, jaunes, blanches. Fleuries et fruitées. Une façon de vivre ici.

Ici, en Drôme, il y a aussi un truc de fou, les arbres fruitiers sont partout et les drômois de pure souche sont tellement gâtés dans leurs propres jardins, chez leurs grands-parents, leurs parents, dans leurs propres exploitations…Que les arbres sauvages, ou isolés, ou vieux, sont parfois délaissés. Ils font partie du paysage et leurs fruits n’intéressent plus personne. Je n’en croyais pas mes yeux quand je suis arrivée dans ce pays fruitier. Enfant j’avais fréquenté la Normandie où tout se monnaye et une pomme plus une pomme égalent un verger tout clôturé, pas touche espèce de voleur !!

Ici, c’est une autre histoire. Une histoire de soleil, de plénitude, de partage d’une abondance.

Bonheur du matin ce matin. Enfin la douceur fraîche sous le soleil à vélo ! Petites routes, pas un chat, sauf un, oui, le long du ruisseau. Un petit noir aux yeux verts qui a eu peur mais m’a regardé passer dans ses hautes herbes.

Petite récolte de sauvageonne. Je n’avais pas encore croqué dans une figue. Le fruit de l’enfance, le fruit de la corse maternelle. Le figuier sous lequel ma grand-mère rencontrât son mari que sa famille avait choisi pour elle. Sous le large tilleul les deux familles signaient le pacte d’alliance et sous le figuier la jeune femme voyait pour la première fois l’élu.  Un peu plus tard, on voulut jouer le même coup pendable à sa soeur. Mais elle avait déjà son aimé. Il vint la kidnapper sur son cheval, ils prirent le bateau en cachette et se marièrent, loin, libres, eux.

Alors tu vois,  les pommes, les figues, l’amour, et moi…

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6 réflexions au sujet de « Des grand-mères, un vélo, un pays, les fruits de la vies »

  1. Le sureau…tiens tiens je savais que tu aimerais, fille de la prairie !

    10 ans, oui. J’ai entre 3 et demi et 16, selon les moments. Pas plus, et pas ici. Et cela me suffit. Oui. Merci Olivier, je te vois bien manger une pomme toi aussi, le vélo renversé dans un fossé, le cul terreux heureux. Si.

  2. L’enfance et les fruits, ah oui. Mais c’est aussi maintenant et ici, pour de bon.
    Les figues, croukougnouche, je te suis à 100% et on sait que leur temps est si court ! ( mais je garde les feuilles et les mets dans l’eau des chataignes bouillies…l’odeur m’énivre).

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