24 H chrono. De A à Z, du Nord au Sud et inversement !

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10 heures du matin, je prends la route, je traverse le Rhône. Je veux prendre tout mon temps. Cela fait cinq années que je ne suis pas retournée vers le sud de l’Ardèche où j’avais travaillé. Je caresse la N.86, la tranquille, celle des habitués, pas la N.7 des toutou-ristes…Après Le Pouzin, je suis seule, toute seule sous les platanes qui se rejoignent au dessus. Je n’en crois pas mes oreilles.

Midi. Je découvre son village pittoresque et si tu t’y engages en voiture tu es cuit. La petite route s’arrête devant une buvette où ça rigole fort. Je vais boire un coup au P’tit bistrot pour repérer la direction à prendre.

Tu verras la pancarte EXPO, m’avait-elle dit. Et chez elle , figures-toi que c’est comme sur son blog. De la couleur, des recoins créatifs, de la lumière, de la fantaisie, de la gourmandise de vivre.

Je me suis mise pieds nus pour mieux goûter à tout, dedans, dehors. Et je me suis dit que finalement  nous ressemblons un peu à nos satanés blogs, c’est une drôle de chose, non ?

15 heures. J’ai rendez-vous un peu plus au Nord dans mes bureaux d’autrefois mais d’abord les collines ardèchoises font les belles, c’est la saison pour elles, la saison des atouts. Dans les champs la vie appelle.

Tout donne envie, tout remonte en surface,  les rêves, les images, les histoires.

16 heures.  C’est l’heure de la chaleur dans la vieille ville où j’avais rarement le temps de me prélasser. Je voulais aller au bord du grand fleuve mais je change d’avis et me gare sur un petit parking en contrebas des rues piétonnes de Viviers. Près d’un banc sous les hautes pierres,  un papy regarde les voitures passer. Pantalon blanc, casquette, mains ballantes au delà des genoux. Il est là à 16h, il est exactement le même dans la même position une heure après. Je lui souris mais il est ailleurs.

Je monte voir à quoi ressemble l’été vacancier vue d’en haut.

Finalement je le vois ce Rhône et surtout je cherche le Vercors qui s’endort un peu, un peu trop loin dans sa brume de l’Est.

Et c’est en redescendant au travers des ruelles voutées, des escaliers, en regardant un rosier

Que je le vois et qu’il me voit…

Il est bien à l’abri, pas de danger, les touristes cette année n’escaladent pas les murets pour kidnapper les autochtones, alors il se laisse tirer le portrait patiemment, de près et de loin aussi, c’est mieux.

Bon, mais jouer à cache-cache c’est quand même plus rigolo !

Bye bye le chat ardéchois au dessus des toits ! Dans la vieille ruelle tout est calme, devant les maisons on se cause pour faire passer le temps dans les courants d’air.

17h30. Je me gare là où je me garais il y a cinq ans mais sans trop savoir si c’est le bon endroit aujourd’hui. Les choses ont-elles changées ? Des travaux ont-ils été faits, par où entre-t-on ? Au hasard je jette un oeil dans l’ex bureau de C. et frappe à la fenêtre. Que vois-je ? La même ! Qui vient m’ouvrir tout comme il y a cinq ans, par la porte de derrière qu’on laisse entr’ouverte et la voilà qui fume son éternelle clope. Et nous bavardons. Au quart de tour. Pas plus étonnées que cela. Puis passe A. et nous trois qui papotons vives comme l’éclair et dans la pièce j’entre, puis j’entre un peu plus et retrouve F. et A-M et son accent qui chante et s’exclame en grandes embrassades. Et nous resterons là, personne n’est plus pressé de rentrer chez soi. Tout est facile. Tout est resté là ? Les liens très complices parce qu’il a fallu se serrer les coudes et endurer des moments pas simples ? Et garder le sourire malgré tout, pour tenir, jour après jour.

18h30.Oui, ma voiture est garée là où il faut, à côté de celle de F. qui m’emmène chez elle pour voir la nuit tomber sur les montagnes. Le thym et le romarin en guise de pelouse et les prunes déjà toutes au sol dans l’herbe grillée.

20h30. Et c’est là, un peu avant le repas et après l’apéro au dehors (des prunes en guise de cacahouètes, obligé…), qu’en faisant le tour du jardin toute seule, je le vois.

Au début je le vois juste un peu, je le vois comme une belle chose de pierres mêlées, tu sais comment c’est. Et puis je regarde, il s’approche, on se frôle, il me laisse poser d’abord les yeux, puis cet intime secret, dérisoire et puissant, que personne ne connaît de toi, si silencieux. Et alors je ne veux plus le quitter, le laisser seul, non me laisser seule sans lui.

Ma chambre donnait sur le jardin. Fenêtres ouvertes je suis restée près de lui pour être sûre.

8h30. C’est demain. Françoise me dit qu’il faut revenir. Et IL. Il m’a déjà tant dit, c’est vrai que je pars sans me retourner. Mais je sais.

Ce qu’on ne se dit pas. Ce qu’on rapporte avec soi et les effluves de souvenirs que le voyage amène, histoire de te montrer que tu ne maîtrises rien.

Comme ce mur qui fait semblant de limiter le jardin au centre de l’île. La voie ferrée y passe, quasiment dans le jardin,  le petit train  frôle le mur de pierres, oui, il suffit de l’escalader pour être dans la vie de ta grand-mère et rêver, tout revoir.

Tout.

9h. Le Rhône lisse et large, j’ai choisi le petit pont pour m’étendre dessus. Je ne voudrais pas peser. J’avais envie de me laisser flotter sur lui, du Nord au Sud, comme il va, comme il voit, comme il emporte vers la mer celui-là. Et moi de lui dire  : Je reviendrai.

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7 réflexions au sujet de « 24 H chrono. De A à Z, du Nord au Sud et inversement ! »

  1. Ma chère .. cette douce entrevue à un goût de revenez -y !!
    Sarah continue à nous griller de savoureuses brochettes et les prunes tombent ici aussi ! alors , confiture et puis les poires n’en finissent pas de pulluler : chutney cuisiné il ya 2 jours!! je me suis faité dévorer aux bestioles en récoltant des noisettes hier , j’ai un œil quasi-borgne : pas très gracieux !
    La campagne y’a qu’ça d’vrai , j’vous dis! Shalimar s’en fout complètement et change de coussin ou de chaise toutes les heures !

  2. Aïe aïe les Z’yeux !! Des lunettes noires – pour faire la star dans les arbres- seront de mise !
    Shalimar est le Maître de ses lieux. Mais Ombrelune m’a conquise…
    On z’y reviendru, je vous le dis M’ame.

  3. Très joli déroulé photos mots belle histoire, c’est dommage quand même que je ne sois pas venue vous voir… mais j’y reviendra aussi (septembre) !

  4. Un peu long ce déroulé et avec un ordi qui ramait entre chaque photo, ça m’a pris 1h30 !!! Les prochains billets seront COURTS.
    Des résolutions de « rentrée » ? On sait ce que cela donne, hum hum. Mais…Nous verrons bien, ma chère.

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