Montée au vert. Arrivée.

De chez moi il faut une heure sans se presser et on a pris le temps des retrouvailles.

J’étais très excitée. Depuis combien de temps ? Quatre, cinq ans ? Il faisait très beau mais pas encore trop et on savait que là-haut rien ne brûlerait nos peaux. On montait. On montait vers le vert, vers lui. La respiration. De la pureté.

Prendre la route, passer par le Royans, notre vallée de rivières chéries, et arriver à ses pieds. Lui. Puis prendre une grande inspiration et s’engouffrer dans les goulets, les corniches, passer sous les roches.

J’avais oublié les sentiments qui m’étreignent. Ils m’étreignent maintenant et je ne maîtrise plus rien. Tu es à sa merci, tu es bonté divine le regard qui monte, monte, pour longer les roches. Les basculées, de travers, en diagonale, en tranches transcendantes. Tu es renversé dès les premiers yeux sur le Vercors. Rien n’est aussi beau, je te le dis. J’ai passé quarante ans sans lui et puis. Rien n’est plus beau, sauf en Corse. C’est une histoire d’amour ou ce n’est pas et c’est une Histoire avec grand H, bien sûr aussi.

Mais là nous y sommes juste pour le bonheur. On découvre le tunnel qui relie maintenant cette petite vallée drômoise à son grand frère du haut. Deux mondes, en fait, sans peu de connivences. Car une fois sur le plateau je crois bien que tu changes complètement de planète. Complètement.

Y vivre ? Pourquoi pas ? Nos regards vont vers les maisons de pierres et celles de bois, de plus en plus de mignonnes constructions récentes.

La Chapelle en Vercors. Tout accueille. Sourire. Un énorme calme à l’unisson du paysage.

Le chat n’en pense pas moins mais il est fier et sûr. Traverse la route sans se retourner. Chez lui ici.

Le saucisson maison est sec et goûtu comme il faut. Il sera dévoré sur le banc jaune  écaillé de la Mairie, nommée Hôtel de Ville, mais oui  bon sang où ai-je la tête ?

Les hirondelles ont installé leurs nids sous le toit de l’église,  face au vieux banc.  Elles valsent, discrètes, minutieuses.

On monte dans la petite rue silencieuse. Si tu te retournes tu as l’océan de vert sous tous les angles arrondis.

A suivre…

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8 réflexions au sujet de « Montée au vert. Arrivée. »

  1. belle balade!!
    je connais le coin , mais c’est dans ma première vie que j’y allais ..
    à Méaudre ..
    toutes ces fleurs dans le vert , ça rafraichit .
    en ce moment , ici , si tu n’arroses pas tous les jours c’est le désert..

    1. La chaleur ardéchoise….Je l’aime mieux humaine que dans le ciel. 2003 en canicule vécue au Teil…Un souvenir épouvantable.
      Oui, là haut c’est autre chose !

    1. Merci ! Bientôt encore des photos du paysage. Comment se retenir, sur place, de photographier le panorama en panoramique ?!!?
      Sacha a aussi posé un joli commentaire sur ses aventures vercoriennes mais il est sur la dernière photo de maison tout en bas. !
      Ici quand on clique sur une photo on a le cadre ad hoc pour les commentaires juste en dessous. Mais ensuite ce comm. n’est pas comptabilisé et visible dans les commentaires du billet.

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