Neige, chevreuil, chocolat, déraisonnable. Et encore une belle personne qui s’en va.

Journée de frais !! Vent, nuages ! Liberté !!! Je suis donc ( vite, vite, profitons !)  allée dans les collines et un bout de forêt au bout de la petite route. D’abord le champ de tournesols dans la pente, tiens avant c’était du blé, il faudra que je revienne leur tirer le portrait… Le silence, le sol sec dans la forêt. C’est sous les châtaigniers que je me suis assise. Un oiseau a plané au dessus.

Je suis allée voir là où boit le chevreuil, mais personne. Les arbres sont toujours verts, sous le vent les branches craquent. Je suis repartie lentement et au bout, en arrivant vers la ferme, un animal détalait à gauche dans les buissons. Je n’ai plus bougé et j’ai tourné la tête. Sorti des buissons, le chevreuil était dans le champ, immobile. Ses belles oreilles ourlées et rondes. Ou bien était-ce une biche ? Il avait des yeux de biche. Il a tourné son profil vers moi, un regard en coin. Pas inquiet, il a traversé le champ lentement puis a trouvé des arbres et s’est mis à croquer des feuilles, me faisant dos. Je l’ai regardé croquer le feuillage et moi c’est juste ce que j’attendais. J’ai souri, j’ai pleuré, juste pour mouiller les yeux de cette vie et de ceux qui partent, sont partis. Et tous mes yeux pour eux qui aimaient la vie. Le chevreuil s’est glissé dans les arbres tout doucement, me laissant le loisir de voir son corps roux se fondre dans le vert, comme au ralenti.

Mon corps était mou et envahi. Grand. Comme toute la beauté du monde. J’ai traversé la ferme dont les arbres fruitiers croulent sous les pêches et les figues. J’ai cueilli un bouquet de senteurs sèches, de celles qui te restent sur les doigts longtemps après. Longtemps après…

A la maison la Torta di Caprese attendait. Une chose déraisonnable mais aujourd’hui on pouvait allumer le four sans qu’il fasse 40 degrés dans la cuisine…Alors j’avais fait la montagne et la neige sur son dos, et le plein de chocolat dedans, une folie.

Il faisait bon, enfin, sur le balcon, on pouvait s’y prélasser sans ruisseler. Le chat est monté sur mes genoux et nous n’avons plus bougé, comblés. Laissant la tendresse de la vie s’installer, mes yeux sur la lavande balancée dans le vent.

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8 réflexions au sujet de « Neige, chevreuil, chocolat, déraisonnable. Et encore une belle personne qui s’en va. »

  1. Quel texte magnifique, quelle belle journée tu nous raconte-là, une journée de joie et de tristesse, la vie quoi… je l’ai relu plusieurs fois pour bien m’imprégner de sa beauté, de sa tendresse, j’ai vraiment l’impression d’y être; près des chevreuils, sous le châtaignier, dans la ferme aux fruits,,.Dis-moi cette Torta di Caprese c’est une sorte de mousse ?

  2. C’est un gateau au chocolat avec de la poudre d’amandes en guise de farine. Recettes entre autre chez Tifenn ( senourrir.wordpress) et Sacha ( lejournalgourmanddesacha.blogspot).

  3. C’est vrai que chez toi je lis plusieurs fois, juste comme ça, pour le plaisir, les mots, la fraîcheur, le tableau, comme dans un livre d’image…
    On devine tout, et pourtant il n’y a que les photos du gâteau, je le connaissais et je suis sûre qu’il ne t’en reste plus beaucoup !
    Demain matin, tartes aux abricots et aux amandes,pique-nique et je suis préposée aux desserts !
    Belle soirée fée des forêts !

  4. Un été près de Villefranche du rouergue, je montais un raidillon en bordure du village. Un raidillon coupé à travers la végétation arbustive serré, autant dire que je voyais mes pieds, le ciel, trois pas devant moi et derrière et pas plus. c’était le matin il faisait encore frais, reste de fraicheur offert par les gouttes de rosée déjà évaporées. C’était merveilleusement calme.
    Je n »entendais que le bruit de mes pas et de mes ceux derrière de mes compagnons de rando. Tout à coup, en haut de la butte, je suis tombée nez à nez avec une biche. Nous étions même pas à un mètre l’une de l’autre. Je ne sais pas qui de nous deux a eu le plus peur sur le coup mais c’était absolument magique. Voir des (gros) animaux sauvages dans leur habitat me plonge comme toi dans une émotion intense. Cela me fait du bien de savoir qu’il existe encore une vie sauvage.

  5. Pourquoi « petit » ? Grand c’est comment ?
    Tu es drôle toi. Je prends le collier, ça c’est sûr, j’aime les colliers, merci !

  6. C’était juste une allusion aux « Petits poèmes en prose » de Baudelaire! Cela n’avait rien à voir avec la longueur… juste avec la beauté des mots.

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