Deuxièmement, les trajets, les hasards merveilleux

Comment tu voyages toi ?

Moi je vais vous dire, j’aime prendre mon temps. Pas question de se stresser et de ne pas profiter de chaque moment dès que la porte de la maison se referme. L’important c’est le mouvement, le regard qui change.

C’est pourquoi je n’avais pas choisi de partir dès la sortie du boulot le jeudi. Pas question de me retrouver en gare TGV à 18h sur cette ligne Paris-Montpellier surpeuplée. Ce court séjour serait peut être le seul de l’année. Chaque seconde devrait être une pépite.

Et alors, miracle…Miracles. Tu crois au hasards toi ?

Et d’une un voisin me voit sortir avec mon baluchon et me propose de m’emmener à la gare de la petite ville. Vingt minutes à pied de gagnées et pourquoi ? Parce que, Ô miracle, à la gare on offrait le petit déjeuner aux voyageurs ! Et de deux : Café, jus de fruits et viennoiseries à profusion !

Un quai, deux quais plus tard…

J’attends la machine infernale qui m’amènera vers le Sud. Et qui je vois ? A. Pas vue depuis cinq ans. Une ancienne collègue qui, elle, a le courage de résister à une institution que j’ai laissée derrière moi. Et nous sommes dans la même voiture, au même étage. Je souris…La dernière fois que j’ai pris ce TGV, qui j’ai vu sur le quai ? D. pas vue depuis 15 ans ! Nous avions passé deux heures à se raconter nos vies, enchantées, nous qui ne croyons pas au hasard…non.

Et roule le paysage et roulent les improbabilités de l’existence.

Rien de tel qu’un recueil de René Char pour égrener les minutes en essentiels d’éternité, pendant que tu as quitté ton quotidien pour voir du bleu.

Pour voir…

Et comme je le voulais, le voyage est tranquille et laisse la place. Les pensées, derrière et devant, cèdent. Restent en retrait, se diffusent, deviennent sans objet.

On croit qu’il y aura un retour. Il n’y en a pas. Le corps se meut, c’est sa fonction vitale. L’esprit restera longtemps coeur et âme plongés en mer.

Il faudra faire semblant… Et ce sera ton secret.

Les trains eux, arrivent à l’heure, dérisoire calendrier.

Tu es dépassé. Peu importe. Il reste des fenêtres et des paysages volants.

Et comme tu vois ton reflet, tu te dis qu’il y a sûrement un peu de vérité là dedans.

Et puis tu changes de place parce que c’est rigolo et voilà qu’à cette place là où tu ne devrais pas être, t’attend une petite passagère si jolie et très discrète. Sa maîtresse te raconte qu’elle l’accompagne partout.

Elle, la féline, elle ne dit rien.

Juste parfois, la vitesse fait trembler un peu ses moustaches et l’équilibre est délicat à retrouver.

Ah ?

.

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3 réflexions au sujet de « Deuxièmement, les trajets, les hasards merveilleux »

  1. je pars aussi sur les rails demain.
    j’ai toujours bien aimé ces moments « hors de » , « entre deux » ,alors j’ai adoré ton récit de voyageuse! à bientôt!

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